La télémédecine au service du parcours de soin

Présent au salon Paris Healthcare Week du 16 au 18 mai, le Ministère des affaires sociales et de la santé organise un atelier autour de la télémédecine destiné aux professionnels de santé et responsables hospitaliers. Cette animation propose des témoignages de praticiens du SMUR de Metz et du CHU de Rouen. Myriam Burdin, chargée de cette initiative, revient sur le potentiel de cette pratique médicale dans le parcours de soin.

JPEG Avec le développement des nouvelles technologies et des objets connectés, le secteur de la télémédecine est en pleine transformation. Cette pratique médicale réalisée à distance par un professionnel de santé recouvre plusieurs buts et actes :

- Etablir un diagnostic ou assurer un suivi à distance avec la téléconsultation,
- Obtenir l’avis d’un expert avec la téléexpertise
- Interpréter à distance les données recueillies sur le lieu de vie d’un patient pour réajuster par exemple un traitement avec la télésurveillance médicale
- Guider à distance la réalisation d’un acte avec la téléassistance médicale
- Apporter des réponses médicales aux praticiens du Samu et du centre 15 sur le terrain grâce à la régulation médicale
Pour dévoiler le potentiel de ces dispositifs dans les parcours de soins, Myriam Burdin et la Direction générale de l’offre de soin (DGOS) du Ministère des affaires sociales et de la santé propose aux professionnels du monde de la santé de participer à un atelier autour de ce sujet lors du salon Paris Healthcare Week.

En quoi consiste cet atelier autour de la télémédecine ?

Nous allons expliquer aux responsables hospitaliers, aux communautés médicales ou aux directeurs d’établissements comment monter un projet de télémédecine en leur expliquant le potentiel de cette pratique pour améliorer le parcours de santé. Afin de leur donner envie de franchir le pas, deux exemples de prises en charge médicale leur seront exposés.

Quels sont les projets présentés ?

Le CHU de Caen utilise la télédermatologie pour suivre des pathologies dermatologiques ou des plaies nécessitant un suivi au long cours pour des patients en EHPAD. De l’autre côté de la France, le Samu de Metz a recours à la téléassistance médicale avec des lunettes connectées lors de prise en charge des patients en urgence par le Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Ce dispositif permet aux médecins urgentistes sur place d’être en liaison avec le médecin régulateur du Samu et de bénéficier des conseils de ce dernier, de sa vision et d’une assistance à distance.
Au cours de l’atelier, le docteur Priscille Carvalho du CHU de Rouen et le médecin et directeur du Samu de Metz François Braun reviendront chacun sur leurs expériences, les obstacles rencontrés pour les patients et l’intérêt de ces nouvelles pratiques médicales.

Justement, qu’apporte la télémédecine au parcours de soin ?

Le potentiel est important pour améliorer la prise en charge, le parcours et l’accès aux soins des patients. En 2015, les agences régionales de santé (ARS) ont financé 195 projets. La télémédecine est une réponse à de nombreux enjeux du système de santé en termes de réduction de coûts dans les transports sanitaires, de meilleure valorisation des moyens humains face à la pénurie de professionnels dans certains secteurs ou régions.
Des spécialités hospitalières comme la radiologie se prêtent bien à la télémédecine. Dans la prise en charge de l’accident vasculaire cérébral (AVC), l’accès à un neuroradiologue pour interpréter une image d’IRM est essentiel pour conforter la neuroexpertise du neurologue vasculaire et décider d’un traitement. Cette étape se fait très bien à distance, même si le patient est arrivé au sein d’un service d’urgences qui ne dispose pas d’expert.
La télémédecine est également une réponse aux besoins de la population habitant dans des territoires isolés, insulaires ou des personnes à mobilité réduite ne pouvant pas se déplacer facilement.

Quelles sont les perspectives de la télémédecine ?

C’est un domaine qui bouge énormément avec le développement des objets connectés et de l’informatique partagée. Mais nous devons rester dans un cadre sécurisé, fiable où le consentement du patient est essentiel.
Il faut aussi mettre en place un système de financement pérenne à l’image du financement de droit commun des acteurs du système de santé. Pour le moment, des expérimentations sont menées avec le programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé) pour apporter une réflexion au modèle de financement de la télémédecine. L’atelier du Paris Healthcare Week nous permet de faire connaître les possibilités de ces expérimentations.

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