Discours de Ségolène NEUVILLE à l’occasion de la Journée des Unités d’enseignement en maternelle pour jeunes enfants autistes, mercredi 17 juin 2015

Discours de Ségolène NEUVILLE, Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, à l’occasion de la Journée des Unités d’enseignement en maternelle pour jeunes enfants autistes (UEM – Plan Autisme 2013-2017) - Mercredi 17 juin 2015

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Je suis ravie de m’exprimer aujourd’hui devant vous qui êtes mobilisés pour la création et le bon fonctionnement des premières unités d’enseignement en maternelle pour enfants avec autisme. J’ai souhaité être là aujourd’hui pour tout d’abord vous remercier du travail que vous menez.

Votre présence nombreuse témoigne de l’importance que revêtent ces dispositifs d’inclusion scolaire mais aussi du dynamisme dont vous faites collectivement preuve pour les faire vivre.

Ces unités d’enseignement constituent l’un des éléments clés du 3ème Plan Autisme. On y met beaucoup d’espoir et les unités d’enseignement en maternelle doivent être à la hauteur.

Ces petites classes sont le précurseur des ambitions que je porte en coopération étroite avec Najat VALLAUD-BELKACEM, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les UEM : mesure concrète conforme aux orientations de la CNH

Dans la continuité des orientations fixées par le Président de la République lors de la Conférence Nationale du handicap, en décembre 2014, le cap est très clair : l’inclusion dès le plus jeune, une inclusion dans la durée et accompagnée.

Le soutien à la scolarisation ordinaire demeure l’objectif majeur de ma politique, et je le partage avec Najat VALLAUD-BELKACEM. Ce n’est pas si simple au quotidien mais les moyens sont là.

J’ai récemment annoncé lors du Comité National Autisme du 16 avril dernier, plusieurs actions et mesures qui vont dans le sens de cet objectif : temps de formation dédiés à l’autisme pour les enseignants et les AESH, création de pôles d’appui territoriaux pour les enseignants, meilleure formation des enseignants spécialisés. Ces mesures viennent soutenir concrètement la continuité des parcours scolaires des enfants et adolescents avec autisme. Vous le savez bien, l’enjeu c’est la formation de l’ensemble des professionnels.

Les unités d’enseignement en maternelle pour les jeunes élèves avec autisme sont la preuve concrète que cela est possible, que cela est nécessaire et que cela se fait, et devra toujours se faire, dans le respect des recommandations de la HAS et de l’ANESM.

Les unités d’enseignement en maternelle sont donc au cœur de notre stratégie d’inclusion : d’une part, parce que le soutien à l’inclusion en classe ordinaire des enfants accueillis en UEM est un objectif phare du cahier des charges ; d’autre part, parce que l’expertise que vous développez et que vous partagez aujourd’hui lors de cette journée pourra être partagée avec d’autres. Elles doivent servir d’exemple.

Ces classes sont très récentes. Les premières classes ont vu le jour en septembre 2014, il y a moins d’un an. Et votre journée de travail est justement l’occasion de tirer les premiers enseignements afin de préparer la suite. Car vous le savez, 30 nouvelles unités verront le jour à la rentrée 2015, et 40 à la rentrée scolaire 2016. A l’issue du plan, nous disposerons donc de 100 unités d’enseignement en maternelle, qui se mettent en place dans le respect du cahier des charges. Il en faudrait beaucoup plus, il en faudrait partout et c’est donc une politique progressive, pas à pas nous y arriverons.

Je veux donc le dire ici : les UEM ça marche ! Elle marche car, au-delà du cahier des charges, elles ont pu aussi bénéficier de l’action de pionniers dont certaines et certains interviennent aujourd’hui. Je souhaite donc les remercier pour le travail accompli durant toutes ces années et qui va bénéficier d’ici 2017 à 700 jeunes enfants. Et j’espère que cela pourra se démultiplier.

J’ai pu d’ores et déjà constater cette pleine réussite des UEM. J’ai participé, le 9 octobre 2014, au déplacement du Président de la République à Angoulême, dans l’école qui accueille l’Unité d’enseignement en maternelle, avec Najat VALLAUD-BELKACEM.

Les professionnels étaient très heureux de pouvoir travailler au sein de l’école, dans un cadre précis, avec des moyens financiers conséquents (puisque le coût à la place des UEM est de 40 000 €/an et par enfant).

Les parents, également, ont pu nous faire partager leur satisfaction : quelques semaines après la rentrée des classes, les progrès des enfants étaient visibles, ils faisaient preuve d’enthousiasme pour aller à l’école, préparer leur cartable et être avec leurs camarades de classe. Le sentiment général était celui d’avoir trouvé une réponse qui correspond aux aspirations naturelles des parents de voir leur enfant aller à l’école ordinaire avec les enfants de son âge, et des professionnels d’accompagner ces enfants dans un cadre de travail et de coopération adapté.

Je soutiens que les UEM peuvent et doivent devenir des dispositifs d’excellence en matière d’autisme, de mise en œuvre des interventions recommandées, de développement de la guidance parentale, et de coopération entre le secteur médico-social et les professionnels de l’éducation nationale.

Mais comme tout dispositif nouveau, il y a certainement des progrès à faire. Et je souhaite donc insister devant vous sur plusieurs points :

L’évaluation doit être au cœur des UEM

J’attache une grande importance à l’évaluation de ces dispositifs à la fois pour suivre la trajectoire des enfants en fonction des progrès qu’ils font au quotidien. Les outils d’évaluation et de réévaluation existent, ils sont inscrits dans les recommandations de bonne pratique. Chaque enfant doit pouvoir en bénéficier.

Il s’agit aussi d’évaluer la mise en œuvre opérationnelle des unités d’enseignement en lien avec le cahier des charges national. Les conditions de l’évaluation scientifique de ces dispositifs n’étaient pas réunies au moment de l’ouverture des 30 premières UEM. Je souhaite que nous ne rations pas la seconde vague et que, au plus vite d’ici fin 2015, un protocole de recherche évaluative soit mis en œuvre.

La formation des parents et la guidance parentale sont des points obligatoires du cahier des charges

La place des parents est également une condition essentielle. Cela passe par la formation et la guidance parentale. Concernant la formation, je souhaite insister sur le fait qu’elle n’est pas une option du cahier des charges. C’est une obligation fixée aux services médico-sociaux qui sont en charge de l’accompagnement spécialisé des enfants et qui pour cela reçoivent un financement conséquent dans le cadre du Plan Autisme. Je demande donc à chaque ARS de faire remonter les difficultés éventuelles qui existeraient concernant le respect de ce volet essentiel du cahier des charges national.

La place des parents c’est aussi accepter et être exigeants sur la guidance parentale. J’ai eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet à l’occasion du dernier comité national autisme, le 16 avril 2015. Cette guidance parentale doit faire l’objet d’une plus grande formalisation tant au niveau de son contenu que des critères de qualité qui doivent l’encadrer. Des travaux vont donc être engagés sous l’égide du comité de suivi du Plan Autisme et du SG-CIH.

Et je sais pouvoir compter sur la qualité du travail que mène Guillaume BLANCO qui, vous le savez, va malheureusement quitter prochainement ces fonctions de chef de projet du Plan Autisme. Merci Guillaume pour tout le travail effectué depuis le lancement du Plan Autisme en 2013. Nul n’est irremplaçable mais en l’occurrence, vous concernant, il sera dur de vous remplacer.

La qualité et l’éthique des interventions recommandées doivent être au rendez-vous

Je souhaite également insister sur le cadre éthique et la qualité des interventions éducatives et comportementales proposées aux enfants et aux parents. Les recommandations HAS et ANESM sont très claires sur ce point et la mise en place d’une approche, d’une méthode nécessite que ceux qui l’appliquent puissent donner toutes les garanties de qualité et d’éthique. Ce sont aux psychologues et aux superviseurs des unités d’enseignement que je m’adresse ici. Votre responsabilité est grande car l’attente est forte.

Le professionnalisme des éducateurs et des enseignants doit être reconnu

Permettez-moi d’adresser un message particulier aux professeurs des écoles et aux éducateurs spécialisés qui, au quotidien, font vivre ces dispositifs. Je veux vous dire toute ma considération, tout mon respect pour ce que vous faites. Vous redonnez espoir aux parents. Votre professionnalisme et votre écoute sont essentiels pour que la confiance s’établisse avec les parents.

Je salue également l’implication forte des associations de familles qui par leur expertise et leurs propositions sont des partenaires essentiels. Mais aussi par leur lobbying essentiel et important pour faire avancer les choses.

Mesdames, Messieurs, vous pouvez compter sur mon engagement et ma disponibilité pour que ces UEM soient une pleine réussite.

Je serai donc très attentive aux conclusions et propositions issues de cette journée d’échanges.

Bravo pour le travail déjà accompli.

Je vous remercie.