Discours de Ségolène Neuville - Lancement de la Fondation pour l’Investissement Social et le Développement Humain

17 janvier 2017 - Grands Voisins (ancien hôpital St Vincent de Paul)

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureuse de pouvoir vous accueillir dans cet ancien hôpital, que j’ai fréquenté en d’autres temps. C’est une reconversion particulièrement réussie pour un lieu emblématique de la solidarité nationale. Un lieu qui symbolise l’innovation sociale, qui a été au cœur de l’action que nous avons portée depuis le début de ce quinquennat, notamment dans le cadre du plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, lancé en janvier 2013.

Ce plan comporte de nombreuses innovations pour permettre à chacun d’accéder plus facilement à la santé (avec le tiers payant généralisé notamment), à ses droits sociaux (avec la mise en place d’un simulateur en ligne et d’un portail numérique complet), ou encore à l’emploi avec des dispositifs tels que la garantie jeunes qui permet à de nombreux jeunes de reprendre pied sur le marché du travail.

Ce plan a permis, j’en ai la conviction, d’améliorer la vie quotidienne de nombre de nos concitoyens : les chiffres montrent que la pauvreté s’est stabilisée et que les inégalités se sont réduites dès 2013. Mais ces statistiques ont souvent peu de sens et peu de réalité pour nos concitoyens. C’est pourquoi il est indispensable je crois de faire la preuve que les actions que nous menons ont un impact réel sur la vie des gens.

L’ambition de cette Fondation, c’est précisément de venir compléter et renforcer notre action dans le domaine de l’innovation sociale, en lui donnant une nouvelle dimension : celle de l’évaluation scientifique, en mobilisant des chercheurs de haut rang, afin de donner à notre action politique une dimension objective. C’est cette objectivité je crois, qui sera de nature à recréer les conditions de la confiance avec ceux qui ne croient plus en notre système de protection sociale.

Les dépenses de solidarité représentent environ 1/4 de la richesse produite dans ce pays si l’on ne tient compte que des efforts des pouvoirs publics (État et Collectivités), 1/3 si l’on tient compte également des dépenses des acteurs privés de la protection sociale.

Cependant, les remises en cause auxquelles on assiste actuellement montrent bien que notre modèle social ne fait pas suffisamment la preuve de son utilité et de son efficacité. En d’autres termes : qu’il n’est pas qu’une charge pour la collectivité, mais qu’il peut être considéré comme un investissement humain et donc un investissement dans l’avenir, et qu’il a un impact réel sur la mobilité sociale et professionnelle.

A titre d’exemple : le projet « Working First » propose un accompagnement intensif et personnalisé à des personnes en grande précarité ayant des troubles psychiques. Il repose également sur une sensibilisation des employeurs qui ont évidemment un rôle important à jouer pour aider les personnes à s’intégrer. L’accès à l’emploi est évidemment un des objectifs recherchés, mais la mise en situation d’emploi elle-même agit également comme un moyen de traiter voire de guérir les problématiques de santé psychique des personnes. Ce modèle de soutien à l’emploi a été évalué et fait la preuve de son efficacité dans de nombreux pays. Il est actuellement mis en œuvre à Marseille et pourrait faire l’objet d’une évaluation dans le cadre de la Fondation afin de démontrer l’intérêt de cette approche et de la déployer à plus grande échelle.

Mesdames, Messieurs, l’avenir de notre modèle social, qui fait actuellement l’objet de vifs débats, dépendra je crois de notre capacité à lui donner du sens et de la valeur pour chacun d’entre nous. C’est l’ambition de cette Fondation, qui aura de ce point de vue un rôle majeur à jouer pour continuer à nourrir et orienter ces débats dans les années à venir, bien au-delà des échéances électorales.

C’est pourquoi je veux remercier Isabelle Kocher, qui a accepté de prendre la présidence de la Fondation, ainsi que Bruno Palier, qui en présidera le Conseil scientifique. Votre engagement dans cette Fondation sera essentiel pour la faire vivre dans la durée.

Je veux également remercier par avance les entreprises qui s’engageront dans cette démarche ainsi que les associations, dont le rôle sera également essentiel pour assurer une dynamique partagée. Je veux également remercier Gérard Mestrallet, à qui je vais laisser la parole, d’accueillir cette fondation au sein de la Fondation abritante Agir Contre l’Exclusion.

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