Discours de Ségolène Neuville : présentation officielle du Chevalet "Accueil éducatif des enfants et des jeunes en situation de handicap"

17 février 2016, Paris.
Présentation officielle du Chevalet « Accueil éducatif des enfants et des jeunes en situation de handicap »
Seul le prononcé fait foi

Madame la Présidente de la Fédération Les Francas, Madame Josiane RICARD,
Mesdames, Messieurs,

C’est avec grand plaisir que j’ai répondu à votre invitation pour cette présentation officielle de votre chevalet sur « l’accueil Éducatif des enfants et des jeunes en situation de handicap ». Effectivement, votre initiative mérite d’être soutenue.

En effet, comme vous l’avez dit Madame la Présidente, il existe encore aujourd’hui de fortes inégalités d’accès aux structures éducatives et d’accès aux loisirs pour les personnes en situation de handicap, et la jeunesse ne fait pas exception.

Je veux affirmer que l’accès aux loisirs, à l’instar de l’accès aux vacances, au sport ou à la culture sont primordiaux car ils sont autant d’expression de notre citoyenneté et de lieux de participation sociale pour tous.

Quand ouvrent les structures aux personnes, ce n’est pas un supplément d’âme.

La loi de février 2005 et la Convention des nations unies ont érigé l’accès aux loisirs au rang de droit. Et je m’engage personnellement à tout faire pour permettre l’expression de ce droit.

Pour atteindre pleinement les objectifs que nous nous sommes fixés, il est crucial que ces politiques en faveur du handicap ne soient pas limitées à un couloir. Il faut qu’elles soient aussi transversales que possibles et que nous regardions ensemble dans la même direction.

Cette direction, c’est l’inclusion concrète des enfants et adultes handicapés et leur participation sociale et citoyenne.

Bien sûr, je tiens à saluer l’engagement de Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, dans le domaine des vacances et des loisirs adaptés.

Nous sommes aussi déterminées avec Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, à oeuvrer en faveur de la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Je veux aussi souligner le rôle de la Caisse nationale d’Allocations familiales (CNAF) qui mobilise des financements importants permettant aux communes de rendre leurs activités périscolaires accessibles.

Et c’est grâce à ces acteurs qui croient profondément que l’inclusion et l’accessibilité sont l’affaire de tous, qu’a pu être mené à bien ce projet concret que vous nous présentez aujourd’hui.

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Je veux dire un mot sur l’accessibilité du bâti. Il est évident que l’accessibilité physique des bâtiments est un enjeu majeur. Aujourd’hui il s’agit surtout de rattraper notre retard dans ce domaine, afin que tous les Établissements recevant du Public (ERP) soient également accessibles.

Le premier bilan de la mise en oeuvre des Agendas d’accessibilité programmés que j’ai fait récemment nous donne des raisons d’être optimistes. Un Ad’Ap c’est un document de présentation précis sur les travaux à faire pour qu’un bâtiment soit accessible.

Alors que sur le million d’établissements recevant du public, plus de 30% étaient déjà accessibles en 2014, 38% d’établissements supplémentaires sont désormais engagés dans la démarche de mise en accessibilité grâce aux Ad’Ap. Nous avançons donc dans la bonne direction.

Mais l’accessibilité n’a de sens que si elle est universelle et donc qu’elle garantit l’accès de tous à tout. Cela se conçoit particulièrement pour certaines situations de handicap telles que le handicap mental ou l’autisme. Et c’est d’autant plus vrai quand cette accessibilité porte sur les services et les droits.

C’est dans cette direction que le Président de la République a souhaité engager le Gouvernement lors de la Conférence nationale du handicap de décembre 2014.

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L’objectif aujourd’hui est de favoriser l’accès et l’accueil des enfants handicapés dans tous les espaces éducatifs. C’est une véritable démarche de mixité des publics, et je sais qu’aux Francas vous êtes sensible à ce principe, mais aussi à celui d’inclusion sociale qui répond à une demande légitime des familles, des enfants et des associations qui les représentent. Si l’on veut que les personnes en situation de handicap aient accès à tout il faut changer le regard porté sur le handicap dès le plus jeune âge. Il faut que les enfants soient éduqués ensemble. C’est de cette manière que l’on réussira à abaisser les barrières, à repousser les craintes et les stéréotypes. Cette démarche s’inscrit dans la durée, mais il importe de la mettre en place dès à présent auprès de nos jeunes. Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain.

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C’est dans cette logique qu’a été conçu le chevalet qui va nous être présenté et remis aujourd’hui. Ce chevalet, je pourrais prétendre ne jamais l’avoir vu, mais le fait est qu’il est sur mon bureau car je lui ai donné mon haut patronage. Je suis ici aujourd’hui pour exprimer à nouveau mon soutien à cet outil concret qui aborde finement, sur le ton de l’humour, des situations auxquelles sont quotidiennement confrontées les personnes en situation de handicap, leurs proches mais aussi les professionnels et institutions. Cela permet de dédramatiser car il est plus facile de remettre en question ses pratiques et ses perceptions sur le ton de l’humour.

Cet outil de réflexion ludique permet d’élaborer des réponses sur mesure et adaptées à chaque situation. Car c’est cela le handicap, des réponses adaptées.

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À ce propos, je veux vous parler d’un des outils majeurs à votre disposition pour faire évoluer les représentations en matière de handicap : le service civique. Plus particulièrement, la mission d’ambassadeur d’accessibilité, avec une formation possible validé par les associations, qui est dédiée à la sensibilisation et à l’information sur le handicap. Le Président de la République a souhaité que la moitié d’une classe d’âge puisse s’engager d’ici 2018 en réalisant une mission de service civique. Je souhaite la mobilisation de tous dans les domaines qui vous concernent pour atteindre et si possible dépasser cet objectif. Tous les volontaires en service civique que j’ai rencontré et qui ont été au contact de personnes handicapées ou de personnes âgées me disent la même chose : ils en ont été véritablement changé. Le service civique permet à une jeunesse en quête de sens de s’investir auprès des autres et de se sentir utile en se responsabilisant. Cela permet une modification durablement des regards portés sur le handicap et sur la perte d’autonomie. Je ne peux que vous encourager dans le service civique.

Je sais en effet pouvoir compter sur le mouvement de l’éducation populaire dont la fédération Les Francas, issue de la tradition du scoutisme, fait partie intégrante. Vous êtes des militants, et ce n’est pas pour me déplaire. Votre rôle est d’autant plus essentiel.

C’est pour cela que j’ai tenu à venir vous adresser mes félicitations pour votre mobilisation en faveur de nos jeunes en situation de handicap.

Vous m’avez fait une proposition toute à l’heure, que nous continuons à travailler ensemble, et c’est aussi le sens de ma conclusion.

Soyez assurez que je prêterai toujours une oreille attentive à de telles initiatives et que je les soutiendrai par tous les moyens à ma disposition. Je suis convaincue que nous avons beaucoup à faire ensemble.

Je vous souhaite une bonne remise de votre chevalet et beaucoup de réussite dans tous vos projets.

Je vous remercie

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