Ce qui change pour les jeunes

Le progrès que représente l’allongement de la durée des études entraine un report de l’âge d’entrée dans la vie active. Les jeunes entrent aujourd’hui dans la vie active à 22 ans en moyenne. Les conditions de départ à la retraite, et notamment l’âge de départ, peuvent s’en trouver modifiées.

Les modalités d’entrée sur le marché du travail ont également évolué. De nombreux jeunes travaillent pour financer leurs études, d’autres doivent effectuer des stages dans le cadre de leur cursus universitaire. Certains rencontrent également plus de difficultés à s’insérer sur le marché du travail : les jeunes entrant sur le marché du travail sont souvent davantage concernés par les contrats de courte durée et les temps partiel.

C’est à cette diversité de parcours que doit s’adapter notre système de retraite. Plusieurs mesures de la réforme y contribuent.

Les années d’études et d’apprentissage mieux prises en compte dans le calcul de la durée de cotisation

Les apprentis ont désormais l’assurance de valider autant de trimestres de retraites que de trimestre d’apprentissage.

Les jeunes en apprentissage perçoivent des rémunérations trop faibles pour pouvoir valider l’ensemble de leur période de formation en alternance.

Désormais, la solidarité nationale complètera leurs cotisations pour qu’ils valident un trimestre de retraite par trimestre d’apprentissage.

En outre, les assurés qui ont effectué des périodes d’apprentissage avant 2014 pourront racheter les trimestres non validés à un tarif préférentiel.

Le rachat de trimestres au titre des années d’étude est rendu plus accessible.

Il est possible, en principe, de racheter jusqu’à 12 trimestres d’étude, mais le coût est trop peu attractif pour que cette option soit véritablement utilisée.
Une aide au rachat de trimestres d’étude pour les jeunes actifs est mise en place. Elle permettra aux jeunes de racheter jusqu’à 4 trimestres à moindre coût dans les 10 ans qui suivent la fin de leurs études.

Deux trimestres de stage pourront être validés

Les étudiants auront la possibilité de cotiser à l’assurance vieillesse au titre de leur stage, ce qui leur permettra de valider des trimestres de retraite, dans la limite de deux trimestres. Le versement des cotisations pourra être échelonné. A titre indicatif, le montant des cotisations pourrait représenter 12.5 euros par mois pendant 2 ans.

Le nombre de trimestres d’études rachetables à tarif préférentiel en sera réduit d’autant. Il s’agit de proposer une solution aux étudiants stagiaires pour la prise en compte de ces périodes, sans pour autant encourager cette forme de travail.

Mieux prendre en compte l’évolution des modalités d’entrée sur le marché du travail

Les périodes d’activité des étudiants ou des jeunes entrant sur le marché du travail dans des conditions précaires seront mieux prises en compte dans le calcul des droits à retraite

Les jeunes pourront désormais valider plus facilement des trimestres de retraite grâce à la mesure permettant de valider un trimestre de retraite en justifiant d’une rémunération équivalant à 150 heures de travail rémunérées au Smic, contre 200h auparavant.

Cette mesure est à la fois favorable aux étudiants qui travaillent pour financer leurs études et aux jeunes qui entrent de façon précaire sur le marché du travail, dans le cadre de CDD de courte durée ou de petits temps partiel par exemple.

Ainsi, un mois de travail d’été rémunéré au Smic permettra de valider un trimestre de retraite et travailler un jour et demi par semaine (12 heures) au Smic pendant une année permettra de valider 4 trimestres.

Les périodes de chômage non indemnisé en début de période d’activité seront mieux prises en compte

La réglementation prévoit actuellement que la première période de chômage non indemnisée soit prise en compte pour la retraite dans la limite d’un an et demi, 6 trimestres au plus pouvant être validés à ce titre.

Ce délai s’interrompt en cas de reprise d’emploi, même si celle-ci est insuffisante pour valider un trimestre.
Afin d’éviter que l’alternance entre chômage non indemnisé et emploi ne réduise les droits à validation de trimestres, le Gouvernement s’est engagé à mettre en place, par décret, une possibilité de maintien des droits à validation de trimestres pour les jeunes en chômage non indemnisé, même en cas de reprise d’emploi (dès lors que l’assuré reste bien inscrit sur les listes de Pôle Emploi).

Quelques exemples

Louise, jeune étudiante de 21 ans, travaille pour financer ses études. Elle a été embauchée par une famille et effectue en moyenne 20 heures de baby-sitting par semaine durant l’année scolaire, soit 720 heures au total pendant l’année. Rémunéré au Smic, ce travail à temps partiel lui permettra de valider 4 trimestres de retraite par an, contre 3 seulement auparavant.

Dans le cadre de son cursus universitaire, Rémi doit effectuer deux trimestres de stage en entreprise. Il a désormais la possibilité de les valider, moyennant le versement d’un montant de cotisation mensuel de 12,50 euros pendant 2 ans.

Paloma a 25 ans, elle a terminé ses études à 23 ans, et travaille depuis 2 ans dans une agence de communication. Jusqu’à ses 33 ans, elle pourra racheter un total de 4 trimestres de retraite à un tarif préférentiel. Rémunérée à hauteur de 2250 euros brut par mois (1.5 Smic), avec l’aide de 1000 euros par trimestre prévue par la réforme, elle pourra racheter une année de retraite pour 3200 euros (au lieu de 7200 euros). En étalant ce versement sur 5 ans, cela représente 55 euros par mois, soit 3% de son revenu net mensuel.

Amine devra justifier de 43 ans de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il est entré dans la vie active à l’issue de ses études, à 23 ans.
Ses heures de travail dans la restauration rapide lui auront permis de valider 1 an de retraite avant ses 23 ans. En décidant de valider ses 2 trimestres de stage et de racheter deux trimestres de retraite à un tarif préférentiel, c’est 1 an de retraite qu’il aura validé. Il pourra donc liquider sa retraite à taux plein à 64 ans.

Les jeunes craignent d’être les perdants de cette réforme, comment les rassurer ?

Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé répond à cette question en vidéo.