Editorial de Marisol Touraine et de Marie-Arlette Carlotti

La crise sociale que nous connaissons est d’une violence sans précédent. 8,5 millions de Français sont considérés comme pauvres. C’est un million de plus qu’il y a 10 ans. Le visage de la pauvreté a changé : elle concerne désormais les personnes qui travaillent, les jeunes, les familles monoparentales, les personnes âgées et les personnes en souffrance physique ou mentale. Elle frappe deux millions d’enfants de moins de 15 ans.

En stigmatisant les plus vulnérables et en opposant les uns aux autres avec le discours sur l’assistanat, la politique de nos prédécesseurs a échoué.

Notre ambition, c’est de replacer les enjeux de solidarité au cœur des politiques publiques que nous conduisons. Notre responsabilité, c’est d’apporter des solutions innovantes et pérennes, pour donner une nouvelle impulsion à notre action. Notre devoir, c’est de tenir la promesse républicaine, en proposant une alternative à ceux dont la précarité est devenue le quotidien.

Pour redonner confiance en nos politiques sociales, le gouvernement a choisi une méthode : celle du dialogue et de la concertation. La conférence, qui se tiendra les 10 et 11 décembre prochain, associera l’ensemble des acteurs de la solidarité, ainsi que des personnes en situation de pauvreté. Elle débouchera sur un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale annoncé par le Premier ministre, qui apportera une réponse globale et durable aux inégalités.

Globale, car la situation sociale que nous connaissons appelle des réponses multiples : l’insertion socioprofessionnelle, l’accès aux soins pour tous, au logement et aux services de base, sont chacun des enjeux majeurs. Notre objectif, c’est de garantir l’accès de tous aux droits de tous.

Durable, car la progression des inégalités nécessite de porter une vision de long terme. La peur de la pauvreté touche une large majorité de nos concitoyens et les aides ponctuelles ne suffisent plus. C’est la raison pour laquelle nous devons travailler ensemble, pendant les cinq prochaines années, pour inverser la tendance.

Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé
Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion