Recommandations pour la gestion des végétaux à pollen allergisant

Des recommandations en termes de gestion des végétaux à pollen allergisant peuvent être formulées afin de réduire les émissions de pollens [1].

Gestion des végétaux envahissants non natifs de France

Pour les végétaux à caractère envahissant qui ne sont pas natifs de France, tels que l’ambroisie à feuille d’armoise et le houblon du Japon (Cf. photo ci-après), il peut être envisagé des moyens visant à éradiquer sinon à limiter la propagation de l’espèce.

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Houblon du Japon (Photo : A. Pinston)

- Dans le cas d’une espèce présente de façon très réduite et localisée en France  :
La gestion d’une telle espèce, telle que le houblon du Japon (Humulus japonica Sieb et Zucc.), passe par :
- une lutte préventive contre les vecteurs de dispersion de l’espèce (à adapter à la biologie de chaque espèce) ;
- l’éradication des populations récentes sur les fronts de colonisation qui reste possible tant que les surfaces occupées sont réduites et donc avec des actions qui ont des effets collatéraux faibles ;
- une gestion intégrée des populations anciennes où les populations sont naturalisées avec pour objectif de réduire les effets des pollens sur la santé des individus.

Il est toutefois à noter que ces recommandations visant à lutter contre de telles espèces peuvent entrer en conflit avec d’autres intérêts (protection des milieux…) ou avec des réglementations (protection de l’environnement, gestion des déchets…).

- Dans le cas d’une espèce déjà implantée en France  :
Dans le cas de végétaux tels que les espèces du genre Ambrosia (ambroisie à feuille d’armoise, ambroisie trifide…), la lutte s’organise à deux niveaux :
o Lutte contre l’introduction des semences de la plante sur le territoire ;
o Lutte contre la dispersion de la plante sur le territoire en adaptant les modes de gestion aux milieux concernés et en tenant compte des interactions éventuelles avec d’autres enjeux ou de contraintes (types de substrats, risques environnementaux, respect de la biodiversité…).
La complexité de cette gestion réside dans le fait qu’il faut à la fois mettre en place des pratiques de gestion pour limiter la production de pollen à l’origine des allergies et la production de semences à l’origine de l’invasion.

Voir le dossier : Une plante sous surveillance : l’ambroisie.

Réduction des espèces allergisantes dans les espaces publics et privés

Il est essentiel que les divers acteurs concernés par l’aménagement des espaces verts (collectivités territoriales, paysagistes…), de même que les particuliers aménageant leurs terrains privés, soient informés des espèces dont il est préférable de limiter la plantation en raison du caractère allergisant de leur pollen.

S’il est important de mentionner les espèces à éviter, il est également très important de rappeler qu’il faut favoriser la biodiversité, et ne pas remplacer une espèce connue, dont le pollen est très allergisant par une espèce, moins connue, mais qui l’est également.

- Des guides d’information existent déjà dans ce domaine tel que le guide « Végétation en ville » édité par le RNSA, le guide « Prise en compte des risques allergéniques pour la gestion des espaces verts » élaboré dans le cadre du Second Plan régional Santé Environnement d’Aquitaine et le livret "Paysage, pollens et santé" sur les haies en climat méditerranéen.

Ils fournissent des informations sur le caractère allergisant de certaines espèces, ainsi que des conseils pour la substitution de ces espèces par des espèces peu ou pas allergisantes et des conseils de plantation pour limiter l’émission de pollens.

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’il faut favoriser la diversification des végétaux afin de réduire les concentrations locales à certains pollens en particulier. En effet, c’est la trop forte concentration de certains végétaux dans certains secteurs du territoire, telle que le cyprès et l’olivier en zone méditerranéenne et le bouleau dans le nord et le centre de la France, qui est à l’origine d’une forte sensibilisation des populations locales.

Réduction des émissions de pollens

Que ce soit dans les espaces publics ou privés, il est possible de limiter les quantités de pollens émises dans l’air en agissant sur la taille des végétaux, de façon à favoriser la pousse végétative des arbres et éliminer les bourgeons floraux. Par exemple, une haie de cyprès taillée à l’automne produira moins de fleurs et donc moins de grains de pollen l’année suivante. De même, pour limiter les émissions de pollens des graminées sauvages (ex. Ivraie), il est recommandé de tondre les pelouses et de faucher les prairies pour limiter la floraison des graminées.


[1] Les éléments présentés dans cette page sont majoritairement issus de l’avis de l’ANSES et du rapport d’expertise collective : "État des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition de la population générale aux pollens présents dans l’air ambiant" (2014)