Exposition à l’amiante

La problématique de l’amiante appartient à la fois au passé, puisque son utilisation est aujourd’hui interdite (flocages interdits en juin 1977, interdiction d’utilisation le 1er janvier 1997), mais aussi au présent puisque les personnes exposées il y a 20 ou 30 ans peuvent déclarer aujourd’hui ou demain une pathologie. Certaines personnes restent exposées aux fibres émises par des matériaux et produits présents dans l’environnement, notamment dans les bâtiments.

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Actualités

Qu’est-ce que l’amiante ?

Le terme d’amiante désigne une famille de minéraux fibreux, appelés silicates, présents à l’état naturel dans le sol dans de nombreuses régions du monde.

Selon leurs propriétés physiques et chimiques, les fibres d’amiante se distinguent en deux principaux groupes : la serpentine et les amphiboles :

- Serpentine : le seul type d’amiante serpentine est le chrysotile (amiante blanc), qui est également le principal type d’amiante utilisé dans les secteurs manufacturiers.
- Amphiboles : les cinq sous-types d’amiante amphibole sont :

  • la crocidolite (amiante bleu) ;
  • l’amosite (amiante brun) ;
  • l’actinolite ;
  • l’anthophyllite ;
  • la trémolite.

Au sens de la législation, le terme « amiante » désigne ces 6 silicates fibreux, ainsi que tout mélange fibreux qui en contient un ou plusieurs.

En raison de ses propriétés calorifuges et isolantes, l’amiante a été très largement utilisé, au 20e siècle jusqu’à son interdiction le 1er janvier 1997, dans une vaste gamme de produits manufacturés :
comme composant dans un grand nombre de produits et matériaux industriels : disques d’embrayage, plaquettes de freins, joints et rembourrage pour automobiles, etc.
dans le secteur du bâtiment, comme isolant dans la composition de nombreux matériaux et produits de construction (flocages, dalles, fibro-ciments, bardeaux de toiture, conduites d’approvisionnement en eau, protection incendies, etc.)

Les sources d’exposition à l’amiante

Actuellement, les principales sources d’exposition peuvent être d’origine :

- naturelle
Amiante présent naturellement dans les sols et qui peut être mobilisé lors de travaux ou de diverses activités dans les sites, ou lors d’exploitation de carrières

- anthropique :

  • amiante mis en place dans des bâtiments utilisés ou abandonnés ;
  • amiante qu’on peut retrouver sous forme de déchets.

Les effets sur la santé

Pathologies associées à l’exposition à l’amiante

Toutes les variétés d’amiante sont classées comme substances cancérogènes avérées pour l’homme par le CIRC depuis 1977. Elles sont à l’origine de cancers du poumon et de mésothéliomes (plèvre, péritoine, péricarde, testis vaginalis). En 2009, le CIRC a considéré que l’exposition à l’amiante pouvait également provoquer des cancers du larynx et de l’ovaire.

Les pathologies non tumorales associées à l’amiante sont :
- Des épanchements pleuraux diffus ;
- Des plaques pleurales, calcifiées ou non ;
- Dans le cas d’empoussièrement important, habituellement d’origine professionnelle, une fibrose pulmonaire (asbestose).

En ce qui concerne le mésothéliome de la plèvre (dont l’exposition à l’amiante est le seul facteur de risque connu), le programme national de surveillance du mésothéliome, mis en place en 1998 et qui couvre à ce jour une vingtaine de départements, permet d’estimer l’incidence nationale. La consolidation des données est longue et les derniers chiffres d’incidence sont ceux de la période 1998-2006 : entre 535 et 645 cas annuels chez les hommes, et 152 à 210 chez les femmes. La mise en place de la déclaration obligatoire des mésothéliomes tous sites anatomiques confondus depuis 2012 permettra une connaissance plus complète de ces pathologies.

En ce qui concerne les cancers du poumon, dont l’origine est multifactorielle, on utilise des évaluations de fractions de cancers attribuables aux expositions professionnelles à l’amiante. Selon les hypothèses retenues, entre 1500 et 2400 cas de cancers du poumon par an sont liés à l’exposition professionnelle à l’amiante (sur environ 40 000 cas de cancers du poumon par an).

Prévisions à l’horizon 2050

Les prévisions élaborées par l’Institut de veille sanitaire (InVS) ont été publiées dans son rapport de décembre 2012 intitulé Modélisation de l’évolution de la mortalité par mésothéliome de la plèvre en France - Projections à l’horizon 2050

Le pic de mortalité par mésothéliome semble avoir déjà été atteint - en France - au début des années 2000, avec de 600 à 800 décès annuels chez les hommes et de 100 à 200 chez les femmes.

La mortalité est en train de diminuer et, selon les projections de l’InVS, se stabilisera vers 2030 au niveau où elle était à la fin des années 1970, ce qui correspond en termes de mortalité entre 245 et 310 décès annuels chez les hommes et entre 104 et 209 chez les femmes.

Bien que la mortalité par mésothéliome ait commencé à décroître plus tôt qu’on ne le pensait, il faut néanmoins s’attendre à 18 000 à 25 000 décès par mésothéliome d’ici à 2050 en France, et de 50 000 à 75 000 décès en ce qui concerne les cancers broncho-pulmonaires en lien avec une exposition à l’amiante.

Source
Direction Générale de la Santé
Sous-direction de la prévention des risques sanitaires liés à l’environnement et à l’alimentation
14, avenue Duquesne
75007 Paris