Diméthylfumarate

Une série de cas d’allergies cutanées dont l’origine probable ou certaine est le diméthylfumarate ont été signalés depuis 2008 aux pouvoirs publics. En raison de ces effets sanitaires, l’utilisation du diméthylfumarate ou fumarate de diméthyle (DMFu) comme antifongique (anti-moisissures) n’est pas autorisée dans l’Union européenne depuis 2009. Cependant, divers produits d’importation pour l’ameublement ou l’habillement en provenance notamment des pays à climat chaud et humide, peuvent avoir été traités ou bien exposés à cette substance, et se retrouver sur le marché malgré l’interdiction d’importation.

- Ou peut-on trouver du diméthylfumarate ?

Le diméthylfumarate peut être contenu dans certains produits manufacturés et notamment des chaussures ou des sièges (fauteuils, relax, bottes …), des sachets localisés dans l’emballage du produit (boîte de chaussures, ….) ou intégrés au produit même (à l’intérieur de bottes, dans le rembourrage de fauteuils et canapés, ….). Les sachets peuvent porter dans certains cas la mention « mouldproof » (anti-moisissures), et on ne peut pas exclure que des sachets dessicants contiennent également cette substance.

- Quels sont les effets sur la santé ?

Le contact avec des produits contenant du diméthylfumarate est susceptible de provoquer chez certaines personnes des réactions cutanées : éruption cutanée, démangeaisons, cloques… Le maintien du contact avec l’objet contaminé empêche la régression des symptômes voire les aggrave. Ces symptômes peuvent être en rapport avec un mécanisme d’irritation ou de sensibilisation. Toutefois, les allergies cutanées peuvent être provoquées par une multitude de substances autres que le diméthylfumarate et également présentes dans les produits de consommation (colles, colorants,…).

La survenue de ces symptômes, causés par un article en contact avec la peau, doivent donc faire l’objet d’une investigation, comportant éventuellement la réalisation d’analyses sur le produit mis en cause avant de pouvoir conclure à un effet du diméthylfumarate. D’autres substances peuvent en effet être responsables d’allergies (chrome, cobalt…)

- Que faire si on pense avoir une réaction cutanée au DMFu ?

En cas de réaction allergique cutanée, il convient de consulter un dermatologue et de lui signaler les conditions de survenue des symptômes. Il est également souhaitable de signaler les symptômes au centre antipoison le plus proche. En effet, d’une part, les médecins des centres antipoison sont à même de proposer des éléments utiles à une prise en charge adaptée. D’autre part, ce signalement permet de prendre en compte votre cas dans les bilans qui sont effectués régulièrement sur ce sujet.

- Quelles sont les actions engagées par les pouvoirs publics pour protéger la population ?

L’importation de produits contenant du DMFu (principalement, celle des articles chaussants et des sièges) a été à l’origine d’une épidémie de dermatite de contact irritative et/ou allergique dans plusieurs états de l’Union Européenne en 2008 et 2009.

Pendant ces premiers épisodes, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), la Direction générale de la santé (DGS), l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ont mené une opération nationale de recensement des cas d’allergie impliquant particulièrement les chaussures ou les sièges. Dans les cas où la présence du diméthylfumarate a été établie, il a été demandé aux professionnels responsables de la commercialisation de ces produits de s’assurer que les produits mis sur le marché ne risquent pas de porter atteinte à la santé ou à la sécurité des consommateurs. Dans le cas contraire, le retrait a été demandé.

La DGS a saisi le Comité de coordination de toxicovigilance des centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) pour le recensement et l’analyse des cas français d’effets indésirables imputables à la présence de DMFu dans des articles distribués dans l’Union Européenne.
Le premier rapport, publié en janvier 2009, a analysé 97 cas d’effets indésirables au moins plausiblement imputables à des articles traités par le DMFu et collectés par les centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) français entre janvier 2008 et janvier 2009. Un second rapport, publié en juillet 2011, a analysé 107 nouveaux cas français identifiés d’effets indésirables dont 84 ont été jugés d’imputabilité au moins plausible à l’article suspecté de contenir du DMFu, entre janvier 2009 et février 2010.

L’Anses a été saisie le 5 mai 2009 par la direction générale de la santé (DGS) et la direction générale du travail (DGT) afin de conduire des travaux d’expertise visant à compiler et approfondir les connaissances disponibles sur le diméthylfumarate (DMFu) et ses homologues.

En décembre 2011, la DGS a saisi à nouveau le CCTV afin de recenser les cas d’exposition postérieurs à ceux rapportés dans les deux premiers rapports et de déterminer si les interdictions de mise sur le marché ont été efficaces pour prévenir les risques sanitaires. Cette nouvelle saisine précisait qu’il s’agissait de disposer d’informations sur les évolutions des nombres de cas rapportés et sur les articles incriminés. Les résultats publiés en mars 2012 montrent la persistance de signalements, aux CAPTV et au RNV3P, d’effets associés à l’exposition à des articles suspectés d’être traités par du DMFu. Le nombre de cas rapportés a diminué progressivement depuis l’épisode initial, du deuxième semestre 2008, mais il est resté de plusieurs cas par mois au cours des deux dernières années étudiées (2010-2011).

- Quelle réglementation s’applique au diméthylfumarate ?

La Commission européenne a interdit depuis 2009 l’utilisation de diméthylfumarate dans les produits destinés aux consommateurs par des décisions annuelles(décision 2009/251/CE du 17 mars 2009, renouvelée chaque année).
Un règlement européen du 15 mai 2012, modifiant l’annexe XVII du règlement « REACH » relatif à l’interdiction de mise sur le marché de certaines substances chimiques, a rendu définitive cette interdiction.
Ainsi, le fumarate de diméthyle (ou diméthylfumarate, ou DMFu) « ne peut être utilisé dans des articles ou leurs parties en concentration supérieure à 0,1 mg/kg. Les articles ou leurs parties contenant du DMFu en concentration supérieure à 0,1 mg/kg ne peuvent être mis sur le marché. »
Ce règlement européen s’applique à l’ensemble des pays de l’Union européenne.

- Documents

DMFu : Recensement des cas symptomatiques notifiés entre mars 2010 et novembre 2011par le réseau national des centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) (mars 2012)

Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à la saisine « Diméthylfumarate et homologues » (mai 2011)

Produits chimiques : La France propose de restreindre au niveau européen l’emploi et la mise sur le marché du Plomb et du Diméthylfumarate (DMFu) (juin 2010)

Premier bilan sur les manifestations cutanées en lien possible avec une exposition au diméthylfumarate (mars 2009)

Manifestations cutanées en lien possible avec le diméthylfumarate (novembre 2008)

Source
Direction générale de la santé
Sous-direction de la prévention des risques liés à l’environnement et à l’alimentation