Moustiques vecteurs de maladies

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Pour limiter le risque d’importation et d’implantation des maladies dites vectorielles transmises par des moustiques, le ministère chargé de la santé a mis en place un dispositif de surveillance. Il s’oriente autour de trois grands axes : la détection précoce de la présence de ces moustiques vecteurs, une surveillance des cas humains de maladies qu’ils véhiculent (dengue, chikungunya…) et une sensibilisation des personnes résidant dans les zones où ces moustiques sont présents et actifs.

Vous résidez en métropole et vous pensez avoir observé un moustique tigre dans votre commune ? Vous pouvez le signaler et contribuer ainsi à la surveillance de son implantation
- sur le portail dédié « www.signalement-moustique »

- ou en utilisant l’application mobile IMoustique, développée par l’EID Atlantique ( disponible sur l’AppStore et sur Google play)

Les maladies vectorielles

Une maladie vectorielle est transmise par un vecteur, souvent un arthropode se nourrissant de sang, tel le moustique. En piquant une personne ou un animal infecté, il ingère les parasites, virus ou bactéries contenus dans le sang. Après un délai d’incubation de quelques jours, l’insecte contaminé peut transmettre l’agent pathogène à une personne saine à l’occasion d’une autre piqûre.

Dans un contexte de changement climatique et de mondialisation des échanges, les maladies vectorielles ont tendance à apparaître dans des secteurs géographiques épargnés jusqu’alors, ou, comme le paludisme, à réapparaître dans des secteurs où elles avaient disparu. Chaque année, des voyageurs infectés revenant de pays où sévissent ces maladies (Océan Indien, Antilles, Guyane et Asie du Sud-est en particulier), « introduisent » ces virus en métropole.

En 2015, en France métropolitaine, 135 cas de dengue et 29 cas de chikungunya ont été déclarés. La plupart étaient importés mais 6 cas autochtones de dengue ont été détectés à Nîmes. Cet épisode de transmission autochtone fait suite à un foyer de 11 cas de chikungunya autochtones à Montpellier en 2014.

Les principales maladies vectorielles transmises par les moustiques :

- Le chikungunya
- La dengue
- Le virus Zika
- La fièvre du Nil occidental (West Nile virus)
- La fièvre jaune
- Le paludisme (Site de l’OMS)

Le moustique, vecteur de maladies

Le moustique Aedes albopictus (communément appelé « moustique tigre ») peut véhiculer des virus comme ceux du chikungunya, de la dengue et du zika. Il est notamment présent dans les départements français de l’Océan indien où il a provoqué une très importante épidémie de chikungunya en 2006. Sa première installation en métropole a été constatée en 2004 à Menton.

Fin 2015, le moustique tigre était implanté durablement dans 30 départements de métropole. Il est également présent à La Réunion et à Mayotte. Dans les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane), le vecteur à l’origine des principales épidémies de dengue, de fièvre jaune, de chikungunya et, depuis fin 2015, de zika est le moustique Aedes aegypti.

Certaines espèces de moustiques autochtones peuvent également être vectrices du virus West Nile (plusieurs cas d’infection humaine et équine ont été signalés en Camargue et dans le Var en 2003-2004), en Camargue et dans les Bouches-du-Rhône en 2015), ou de parasites responsables du paludisme.

L’Anophèle était le vecteur du paludisme en France Métropolitaine et en Corse. A ce jour il n’y a plus de transmission locale du paludisme en France, excepté à Mayotte et en Guyane.

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Carte de présence du moustique tigre en France métropolitaine
pptx Extension du moustique tigre en France métropolitaine de 2004 à (...) Téléchargement (1.1 Mo)

En savoir plus :

pdf Bilan 2014 de la surveillance du moustique tigre en France métropolitaine Téléchargement (4.3 Mo)

- Carte ECDC sur la répartition des différentes espèces de moustiques vecteurs de maladies en Europe

La chaîne de contamination

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Infographie chikungunya et dengue 2013

- Une personne infectée dans une zone où la maladie est présente (endémique) se fait piquer à son retour par un moustique vecteur, alors qu’elle se trouve dans la phase de la maladie au cours de laquelle le virus est présent dans son sang (phase virémique, jusqu’à 7 jours après le début des signes).

- Le moustique infecté peut, quelques jours après, piquer d’autres personnes qui seront à leur tour infectées par ce virus, entraînant l’apparition des premiers cas autochtones pouvant être à l’origine d’une épidémie.

- Le dispositif de surveillance mis en place par le ministère chargé de la santé permet d’empêcher cette chaîne de contamination :

Une enquête entomologique est réalisée autour de chaque cas humain de maladie vectorielle recensé dans un département où son moustique vecteur est installé. Si des moustiques vecteurs sont présents autour des habitations de ces malades des traitements insecticides sont réalisés (lutte anti vectorielle) par des opérateurs publics de démoustications.

Des moyens de prévention collectifs et individuels

La lutte contre les moustiques potentiellement vecteurs de ces maladies et leurs larves constitue l’un des principaux moyens d’éviter la transmission des virus.

Dans les départements colonisés par le moustique vecteur, un arrêté préfectoral définit chaque année les zones de lutte contre les moustiques, et les actions à mener. En dehors des opérations de démoustication réalisées autour des habitations des malades et autour des établissements de santé et, il n’y a pas d’action systématique de désinsectisation hors contexte épidémique.

En matière de prévention collective, la lutte communautaire vise à supprimer les gîtes larvaires à l’intérieur et autour de son habitat (les zones d’eau stagnante comme les dessous de pots, les déchets, les gouttières, etc.) C’est le moyen le plus efficace pour diminuer la densité de moustiques.

Afin d’éviter les piqûres, il existe également des moyens de protection individuels, comme porter des vêtements longs et amples, utiliser des répulsifs, installer des moustiquaires de berceau,… Aucune mesure n’est efficace à 100% ; c’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet diminuer la transmission.

Les particuliers peuvent également signaler l’implantation d’un moustique vecteur autour de leur domicile dans un secteur géographique jusqu’à présent indemne.

Vous résidez en métropole et pensez avoir observé un moustique tigre dans votre commune ? Vous pouvez le signaler sur le portail dédié et contribuer ainsi à la surveillance de son implantation

Pour en savoir plus

Dispositif de lutte contre la dissémination du moustique "Aedes albopictus" en France métropolitaine

pdf INSTRUCTION N° DGS/RI1/2015/125 du 16 avril 2015 mettant à jour le guide (...) Téléchargement (1.8 Mo)

- Centre national d’expertise sur les vecteurs

Les sites des opérateurs publics de démoustication :
- Entente Interdépartementale Rhône-Alpes pour la Démoustication
- Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen
- Établissement Interdépartemental pour la démoustication du littoral Atlantique
- La Brigade Verte dans le Haut-Rhin