Maladies cardiovasculaires

Maladies cardio-neurovasculaires

Les maladies cardiovasculaires ou cardio-neurovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde, la deuxième en France (première pour les femmes) juste après les cancers. Malgré quatre décennies de baisse de mortalité et morbidité grâce à la prévention et aux progrès thérapeutiques, les maladies cardio-neurovasculaires restent à l’origine d’environ 140 000 morts par an ; elles sont aussi, l’une des principales causes de morbidité avec 3.5 millions de personnes (assurés du régime général) traitées en 2012, et plus de 11 millions pour risque vasculaire ou diabète.
Il existe de fortes disparités sociales et territoriales de mortalité cardio-neurovasculaire. De plus à âge égal, le taux de mortalité des hommes est plus élevé que celui des femmes (300 versus 190 pour 100 000 personnes en 2010).

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Que sont les maladies cardio-neurovasculaires ?

Les maladies cardio-neurovasculaires constituent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins, qui comprend principalement :

- Les cardiopathies coronariennes (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le muscle cardiaque)
- les maladies cérébro-vasculaires (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau)
- les artériopathies périphériques (touchant principalement les vaisseaux sanguins qui alimentent les jambes)
- les cardiopathies rhumatismales (affectant le muscle et les valves cardiaques, séquelle d’un rhumatisme articulaire aigu causé par le streptocoque)
- les cardiopathies congénitales (notamment malformations de la structure du cœur déjà présentes à la naissance)
- les thromboses veineuses profondes et les embolies pulmonaires (obstruction des veines des jambes par un caillot sanguin, susceptible de se libérer et migrer vers le cœur et les poumons)

Le mécanisme le plus fréquent des maladies cardio-neurovasculaires est l’athérosclérose, par constitution d’un dépôt gras sur les parois internes des vaisseaux sanguins alimentant ces organes.

Ces maladies exposent à de nombreuses complications aiguës ou chroniques : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique, atteinte des extrémités des membres inférieurs, démence vasculaire, troubles de la vue.

Les facteurs de risque et déterminants des maladies cardio-neurovasculaires

Les principaux facteurs de risque de maladie cardio-neurovasculaire sont liés au mode de vie : tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique, usage nocif de l’alcool, facteurs psychosociaux tels que le stress.

Ces facteurs liés au mode de vie contribuent à l’émergence de facteurs de risque dits intermédiaires qui accroissent fortement le risque de survenue d’une maladie cardio-neurovasculaire : l’hypertension artérielle, le diabète (type2), l’hypercholestérolémie, le surpoids et l’obésité.

Ces facteurs individuels s’inscrivent dans un contexte plus général de déterminants qui influencent l’état de santé : facteurs génétique d’âge, niveau d’éducation et de revenus, environnement social et physique, conditions de vie et de travail, situation de précarité, accès aux soins.

Il est possible d’estimer un niveau de risque cardio-neurovasculaire pour chaque individu. Les personnes avec une histoire familiale de maladie cardio-vasculaire, ou atteints d’une maladie cardio-neurovasculaire, d’une insuffisance rénale, d’un diabète ou d’une fibrillation atriale non traitée sont considérées a priori comme à haut risque.

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Les facteurs de risque cardiovasculaire (source cnamts, 2010)

Agir au niveau collectif

Prévenir le tabagisme, faciliter une alimentation équilibrée et la consommation des fruits et légumes, une activité physique régulière, et éviter l’usage nocif de l’alcool permettent de réduire le risque de maladie cardio- neurovasculaire.

Plusieurs programmes nationaux visent à agir pour créer un environnement favorable :

- Programme national de réduction du tabagisme (PNRT)
- Programme national nutrition santé (PNNS)
- Plan Santé sport bien-être (SSBE)
- Plan national santé environnement (PNSE)
- Plan de santé au travail 2016-2020

La réduction des facteurs de risque liés au mode de vie : un enjeu mondial pour les maladies non transmissibles

La déclaration de haut niveau des Nations Unies des 19 et 20 septembre 2011 a consacré l’engagement sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans une vision globale des maladies cardiovasculaires, cancers, maladies pulmonaires obstructives chroniques et diabète, et leurs déterminants communs liés au mode de vie : tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique et consommation excessive d’alcool.
Cette vision souligne l’enjeu d’une réduction de ces facteurs de risque pour un bénéfice multiple sur ces pathologies fréquemment intriquées.

Consulter le plan OMS/Europe contre les maladies non transmissibles 2012-2016

Agir au plan individuel

- Repérer et prendre en charge les personnes à haut risque cardio-neurovasculaire : agir sur les facteurs de risque modifiables

Le repérage des personnes à risque élevé, à partir d une évaluation des facteurs de risque individuels de la personne, est nécessaire pour réduire le risque d’accident cardio- neurovasculaire.

Réduire ce risque repose sur la réduction des facteurs modifiables : facteurs liés aux habitudes de vie (arrêter de fumer, adopter une alimentation équilibrée et réduire la consommation de sel, avoir une activité physique régulière et limiter la sédentarité, éviter l’usage nocif d’alcool, réduire le stress, réduire le surpoids) et le recours, si nécessaire, aux traitements médicamenteux de l’hypertension artérielle, du diabète, ou de l’hypercholestérolémie.

Les professionnels de santé accompagnent ces interventions, par l’éducation thérapeutique du patient, ou plus globalement par l’éducation à la santé. Un accompagnement pluri-disciplinaire peut être nécessaire.

- Prendre en charge des urgences

Les maladies cardio-neuro-vasculaires s’accompagnent de complications graves avec urgence vitale. De la rapidité de la prise en charge et de l’accès à des structures de soins spécialisées dépendent la survie et la limitation des séquelles. C’est pourquoi la connaissance des symptômes de l’accident vasculaire cérébral ou du syndrome coronarien aigu, la connaissance des gestes de premiers secours et l’utilisation des défibrillateurs automatisés externes (DAE) en cas d’arrêt cardiaque soudain, l’accès aux traitements d’urgence adéquats et l’identification de filières de soins spécialisés sont des enjeux de santé publique.

- Réadapter après un accident cardio-neuro-vasculaires

La réadaptation après un accident cardio-neuro-vasculaire a des impacts sur la qualité de vie, les risques de réhospitalisation et de récidive.

L’augmentation des taux d’hospitalisation pour infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 65 ans : un signal d’alerte sur l’exposition au risque cardio-neurovasculaire chez les femmes jeunes

L’Agence nationale de santé publique a rapporté une progression des taux d’hospitalisation pour infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 65 ans : 25,2% sur la période 2002-2013. (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire N°7-8 du 8 mars 2016). Une augmentation simultanée des taux d’hospitalisation pour accident vasculaire cérébral a été notée chez les femmes de moins de 65 ans (+16.3% entre 2002 et 2012 mais aussi chez les hommes : +13.3%).

Les risques liés au mode de vie sont évoqués, du fait de l’adoption des mêmes comportements à risque que les hommes. Premier mis en cause : le tabagisme qui augmente dans les tranches d’âge les plus exposées (50-59 ans). Mais également : la consommation d’alcool, l’alimentation et l’activité physique insuffisante qui contribuent aussi à l’obésité et au risque de diabète de type 2. Ces facteurs interagissent avec des facteurs hormonaux de la vie (contraception orale, grossesse et ménopause).

Des retards au repérage du risque cardio-neurovasculaire et à l’accès aux soins sont mentionnés. Une partie est imputée à la méconnaissance du risque chez les femmes jeunes, à des symptômes plus souvent atypiques chez les femmes ; enfin des difficultés particulières de traitement et des inégalités dans le parcours de soins sont décrites.

La sensibilisation au risque cardio-neurovasculaire, le repérage dans le parcours de soins des femmes, la reconnaissance des symptômes et l’approfondissement des connaissances sont des axes de réponse à cette problématique émergente.
Pour en savoir plus "les femmes au cœur du risque cardiovasculaire" : un colloque au ministère de la santé le 10 mars 2016.

Documents et liens utiles

Le risque cardiovasculaire (Assurance maladie)

Les maladies cardiovasculaires (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

Le programme de surveillance des maladies cardio-neuro-vasculaires (Institut de veille sanitaire)

Associations :

Association de patients : Alliance du cœur

Fédération française de cardiologie

Pour les professionnels :

Recommandations européennes sur la prévention des maladies cardiovasculaires en pratique Clinique messages clef (2012, en anglais)

Conduite à tenir pour le diagnostic de l’hypertension artérielle : Mesure de la pression artérielle en dehors du cabinet médical