Légionellose

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La légionellose est une infection respiratoire grave due à l’inhalation d’un aérosol d’eau contaminée par la bactérie Legionella. L’infection survient 2 à 10 jours après l’inhalation. Le risque de légionellose peut être réduit en adoptant les mesures nécessaires pour limiter la prolifération des légionelles dans les installations à risque de dispersion d’aérosols. De nombreuses actions ont été engagées dans le domaine de la lutte contre la légionellose par les pouvoirs publics depuis 1997. Les actions de prévention concernent la conception et l’entretien de ces installations (réseaux d’eau chaude sanitaire, tours aéroréfrigérantes..) Chacun peut également agir chez soi en adoptant des mesures simples.

Qu’est-ce que la légionellose ?

La légionellose est une infection pulmonaire grave causée par une bactérie nommée Legionella. Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse d’une personne à une autre. La légionellose affecte essentiellement les adultes et touche plus particulièrement les personnes présentant des facteurs favorisants.

Il existe plus de 50 espèces de souches de légionelles, mais seulement quelques-unes d’entre elles sont à l’origine d’infections humaines. Les souches les plus couramment associées à la légionellose en France sont les Legionella pneumophila.

Comment contracte-t-on la légionellose ?

Les légionelles sont présentes à l’état naturel dans les eaux douces (lacs et rivières) et les sols humides. À partir du milieu naturel, la bactérie peut coloniser les installations qui leur offrent des conditions favorables à leur développement (stagnation de l’eau, température de l’eau comprise entre 25 et 45 °C, présence de nutriments).

La contamination se fait par voie respiratoire, par inhalation d’eau contaminée diffusée en aérosol.

Pour en savoir plus sur les légionelles, consulter le site du Centre national de référence des légionelles

Les symptômes et le diagnostic

Les symptômes sont généralement similaires à ceux d’une grippe : fièvre, frissons, toux, difficultés respiratoires et parfois autres signes comme la nausée et la confusion. Ils apparaissent au bout de 2 à 10 jours après la contamination par les légionelles, et dans la majorité des cas dans les 5 à 6 jours.

Pour les patients qui présentent les symptômes de la maladie, il existe plusieurs méthodes pour confirmer le diagnostic de la légionellose : entre autres, la recherche de l’antigène de Legionella pneumophila de sérogroupe 1 (en cause dans plus de 90 % des cas) dans les urines, la recherche par tests sanguins (2 tests sont nécessaires à 3-4 semaines d’intervalle), et la recherche de souches à partir de prélèvements pulmonaires (« culture »).

La légionellose : une pathologie grave ?

La gravité de l’infection dépend de plusieurs facteurs, notamment de la virulence de la souche contractée et de la vulnérabilité de l’individu (tabagisme, âge, personnes immunodéprimées, transplantées, personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale, coexistence d’une maladie chronique…).

Les conséquences sanitaires des expositions aux légionelles peuvent prendre la forme :
- d’infections non-pulmonaires de type grippal (fièvres de Pontiac notamment) dont l’issue est généralement favorable ;
- d’infections pulmonaires graves, la légionellose.

La légionellose est une pneumopathie sévère. La létalité, bien que plus faible que par le passé, atteint 11%.

La légionellose peut-elle être traitée ?

La légionellose se traite avec des antibiotiques. La durée du traitement est généralement de 14 à 21 jours. La plupart des patients atteints doivent être pris en charge à l’hôpital. Les cas de légionellose notifiés correspondent souvent à des personnes hospitalisées en réanimation ou en unité de soins intensifs. La guérison est obtenue souvent après plusieurs semaines voire plusieurs mois. Quand le diagnostic et le traitement interviennent tôt, l’issue est généralement favorable.

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Le contexte sanitaire en France

En 2014, 1348 cas de légionellose ont été notifiés en France dont 122 ont conduit à un décès (source InVS). Une exposition à risque lors de la période d’incubation a été rapportée pour 37 % des cas. Parmi eux, 72 cas (5 % de l’ensemble des cas) avaient séjourné dans un établissement hospitalier pendant la période d’incubation dont 36 (50 %) étaient des cas nosocomiaux certains (hospitalisés durant toute la période supposée d’exposition). Le mode d’exposition principal était un voyage avec un séjour dans un établissement de tourisme pour 161 cas (12 % de l’ensemble) (source InVS).

Pour en savoir plus consulter le site de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et le site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)

Quelques conseils pratiques

Chacun d’entre nous peut agir chez soi pour lutter contre l’exposition aux légionelles en :
- Faisant couler l’eau froide et l’eau chaude au moins 1 fois par semaine au niveau des points d’eau qui sont peu utilisés (évier, lavabos, douche, etc.) et après chaque période d’absence prolongée, pour tous les points d’eau avant de les réutiliser (notamment la douche) ;
- Surveillant la température de l’eau chaude au domicile : elle doit être très chaude mais pas « bouillante » (au moins 50°C et au plus 60°C au niveau de l’évier de la cuisine) ;
- Procédant régulièrement au détartrage et à la désinfection des embouts de robinetterie (brise-jets, pommeaux de douches, etc.) ;
- Utilisant de l’eau stérile pour les appareils biomédicaux (nettoyage et remplissage des appareils d’oxygénothérapie ou de lutte contre l’apnée du sommeil).

Source :
Direction générale de la Santé
14, avenue Duquesne
75007 PARIS