Questions les plus fréquentes sur le Zika

Questions-réponses sur la maladie à virus zika

Qu’appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune. La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Quel est le contexte international de l’épidémie actuelle ?

Le virus Zika a été isolé pour la première fois en Ouganda en 1947. La première épidémie documentée est survenue sur l’Ile de Yap (Micronésie) en 2007, la seconde en Polynésie française d’ octobre 2013 à avril 2014. Le virus a ensuite circulé en Nouvelle-Calédonie et dans d’autres îles du Pacifique.

L’épidémie actuelle a débuté au Brésil, avec la confirmation des premiers cas en mai 2015. Depuis, de nombreux pays ont rapporté des cas de Zika.

Quelle est la situation dans les départements français d’Amérique ?

Consulter le point de situation épidémiologique de l’Institut de veille sanitaire

Comment se transmet la maladie ?

La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est « contaminante pour les moustiques » au moment où le virus est présent dans son sang, c’est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit 3 à 10 jours après la piqure infectante. Pendant cette période il faut éviter qu’une personne infectée ne se fasse piquer, et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques (du genre Aedes), afin d’éviter l’entretien du cycle de transmission du virus.

Quels sont les symptômes de la maladie à virus zika ?

Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux, voir prurit) avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la zone d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. La maladie est spontanément résolutive, les symptômes durant de 4 à 7 jours. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80% d’asymptomatiques).

Quelles peuvent être les complications ?

Alors que ce virus paraissait relativement anodin, des complications neurologiques de type syndrome de Guillain-Barré, en lien avec l’infection par le virus Zika, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Le premier décès directement imputable au Zika, d’un patient atteint par un syndrome de Guillain-Barré, est survenu le 19 mai 2016 en Martinique.

Par ailleurs, l’hypothèse d’une relation de cause à effet entre la recrudescence de cas de microcéphalies fœtales ou néonatales et une infection par le virus Zika chez la mère est probable. Des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

Existe-il des examens de diagnostic biologique du Zika ?

Il s’agit dans un premier temps de réaliser sans délai après le début des symptômes des prélèvements sanguins et d’urine afin d’effectuer la recherche du génome du virus (examen direct par RT-PCR sang et urines).
En présence de signes cliniques évocateurs et d’un résultat négatif par RT-PCR, le diagnostic peut être confirmé par le CNR des arboviroses par sérologie Ce laboratoire est le seul à ce jour en capacité de réaliser par sérologie la détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika).

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement.Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des risques de complications chez l’enfant à naître.

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Outre les moyens de protection physique (port de vêtement longs couvrant les bras et les jambes jusqu’au chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées dans l’habitat…), il est fortement recommandé aux femmes enceinte d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions. La liste de ces produits adaptés est disponible sur le site du ministère de la santé.

Les femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse et les femmes en âge de procréer vivant dans les zones touchées par une épidémie de zika doivent bénéficier d’un suivi médical et d’une prise en charge renforcés et être informées sur les malformations congénitales et les autres complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika.

Il est recommandé pour les femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse vivant dans des zones indemnes de virus Zika d’envisager un report de leur voyage. Si elles ne veulent ou ne peuvent reporter leur voyage, elles doivent consulter un médecin avant le départ pour être informées sur les complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika .

S’agissant de voyages avec des jeunes nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de 2 mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l’intérêt d’un séjour touristique avec un jeune nourrisson.

Au vu de la possibilité de transmission par voie sexuelle, il est recommandé aux femmes enceintes ou en âge de procréer vivant en zone d’épidémie d’éviter tout rapport non protégé

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur les moyens de protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques.

Il est recommandé :
- de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et long couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
- d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
- d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
- d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des "bandeaux collants" imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

Comment protège-t-on les femmes enceintes ?

Le Haut Conseil de santé publique (HCSP) a publié, en janvier et en février 2016, des avis sur les modalités de prise en charge des cas d’infection à virus Zika et les mesures de protection. L’hypothèse d’une relation de cause à effet entre la recrudescence de cas de microcéphalies fœtales ou néonatales et une infection par le virus Zika chez la mère s’est avérée probable en fin d’année 2015, du fait de l’augmentation des cas observée au Brésil en particulier. Les autorités sanitaires ont donc décidé de renforcer le suivi médical et la prise en charge des femmes enceintes adaptés aux contextes locaux dans les DFA et en métropole. La transmission sexuelle, même si elle est probablement négligeable par rapport au mode de transmission principal par les piqûres de moustiques, a également été prise en compte du fait des cas observés en début d’année 2016.

Dans les zones touchées par une épidémie de virus Zika, une information spécifique des femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse et des femmes en âge de procréer est assurée par les professionnels de santé, concernant les risques de la transmission sexuelle, les risques de malformations congénitales et les autres complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika, et la conduite à tenir la plus adaptée selon la situation de chacune.

Les femmes enceintes sont sensibilisées sur l’importance de se protéger des nouvelles piqûres de moustiques (port de vêtements couvrant les jambes et les bras, usage de répulsif, de moustiquaire, destruction des gîtes larvaires et élimination des moustiques dans leur environnement, en respectant les bonnes pratiques d’utilisation des produits insecticides et des répulsifs). Au vu de la possibilité de transmission par voie sexuelle, il est recommandé aux femmes enceintes ou en âge de procréer vivant en zone d’épidémie d’éviter tout rapport non protégé.

Un suivi médical et une prise en charge renforcée ont été mis en place pour toutes les femmes enceintes. Une surveillance échographique mensuelle est recommandée avec recherche d’anomalies morphologiques orientées sur les signes infectieux et les malformations neurologiques. Cette surveillance se fera de préférence dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic anténatal (CPDPN). En cas de découverte à l’échographie d’anomalies congénitales, il sera nécessaire de procéder rapidement à un bilan pour en définir la cause. La patiente sera alors orientée vers un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) pour une évaluation étiologique et pronostique de l’affection fœtale dont les conséquences possibles lui seront expliquées.

Enfin, lorsque les symptômes liés à l’infection à virus Zika se manifestent chez la femme enceinte (test RT PCR sur sang et urines, sérologie Zika), le traitement est symptomatique et repose sur le paracétamol et le repos. Il n’existe pas de traitement spécifique.

Que faire en cas de maladie pour les résidents et les voyageurs de retour des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (éruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires, il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d’une prescription de médicaments adaptés.

Pour les voyageurs, l’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours suivant le départ d’une zone où circule le Zika et nécessite de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu’il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour.

Au vu de la possibilité de transmission par voie sexuelle, il est recommandé aux personnes infectées par le virus Zika d’éviter tout rapport sexuel non protégé.

Quelles sont les mesures prises pour limiter la transmission du Zika ?

Outre les mesures de protection individuelles, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c’est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc…) et par l’application de traitements larvicides lorsque la suppression de ces gîtes n’est pas possible.

Par ailleurs, cette lutte est également axée contre le moustique adulte au moyen de pulvérisation de biocides en zone infectée. La prévention dans l’habitat local repose sur l’utilisation d’insecticides autour des ouvertures des portes et des fenêtres, ainsi que l’utilisation de moustiquaires.

Comment réduire la présence des moustiques à l’intérieur et autour de l’habitation ?

Pour réduire la présence de moustiques à l’intérieur et autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à-dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

Existe-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?

La transmission s’effectue par le biais d’un moustique qui pique une personne atteinte de la maladie Zika. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique peut alors transmettre le virus à une autre personne saine en la piquant. Il faut 3 à 12 jours pour que les symptômes du de l’infection à Zikavirus apparaissent chez la personne contaminée par le moustique. Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un autre moustique sain si elle se fait piquer.

La transmission sexuelle, même si elle est probablement négligeable par rapport au mode de transmission principal par les piqûres de moustiques, a également été prise en compte du fait des cas observés en début d’année 2016.

Le virus du zika peut-il se transmettre par transfusion sanguine ?

Des cas de contamination par transfusion sanguine sont possibles.

Les femmes enceintes résidant aux Antilles et en Guyane ayant besoin d’une transfusion de concentrés de globules rouges reçoivent depuis le 4 janvier des produits en provenance de la métropole.

Les personnes souhaitant donner leur sang en métropole et dans les territoires ultra-marins non touchés par le Zika font l’objet d’une contre-indication temporaire de 28 jours, lorsqu’ils reviennent d’une région où sévit le virus Zika.

Tous les dons prélevés aux Antilles à compter du 15 février 2016 feront l’objet d’un dépistage du Zika. Ce dépistage sera réalisé par le laboratoire expert de l’Etablissement français du sang (EFS) à Marseille.

En raison de la maladie de Chagas, les collectes de sang sont suspendues en Guyane depuis 2005.

En savoir plus sur le site de l’EFS ou http://www.dondusang.net/

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du Zika ?

Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du Zika dans les zones où circule le virus. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

Le virus Zika peut-il arriver en France métropolitaine ? Comment la métropole se prépare à l’épidémie de Zika ?

Depuis 2004, le moustique Aedes albopictus s’est développé de manière significative dans 30 départements de la France métropolitaine.

En 2006, le ministère chargé de la santé a élaboré un plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue. Ce plan prévoit, pour la métropole, la mise en place d’une surveillance entomologique et épidémiologique pour prévenir et évaluer les risques de dissémination, renforcer la lutte contre les moustiques vecteurs, informer et mobiliser la population et les professionnels de santé et développer la recherche et les connaissances. En cas d’apparition d’une épidémie du virus Zika, ce guide pourra être utilisé pour la mise en œuvre d’actions de lutte en les adaptant au contexte particulier. Une mise à jour est prévue avant la saison de surveillance des moustiques tigres, qui démarre le 1er mai 2016.

Il est à souligner qu’en Métropole, la période d’activité de ce moustique s’étend du 1er mai au 30 novembre. Avant cette période il n’y a pas de risque de dissémination des virus dans la population. Mais, devant l’adaptation continue de ce moustique au climat de la France métropolitaine, chaque année, l’Entente Interdépartementale pour la Démoustication du littoral méditerranéen avec les autres structures chargées de la surveillance entomologique et de la démoustication, ainsi que les ARS, suivent l’entrée et la sortie de diapause du moustique (mécanisme permettant au moustique de résister à l’hiver sous forme d’œuf) pour éventuellement adapter les mesures de contrôle. Dans l’attente de cette phase de surveillance renforcée, les professionnels de santé, les ARS, etc. ont été sensibilisées à la prise en charge de cas importés de Zika et en particulier les femmes enceintes.