Des politiques publiques pour préserver l’efficacité des antibiotiques

Pour renforcer l’action portée collectivement depuis 2012, une feuille de route interministérielle a été élaborée qui permettra d’aller plus loin et de revoir notre politique en matière d’antibiorésistance. Cette stratégie peut se résumer en 4 axes : mieux sensibiliser le public, mieux utiliser les antibiotiques, davantage soutenir la recherche et l’innovation et enfin, renforcer la surveillance.

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- 1ère réunion du comité interministériel pour la santé "Maîtriser la résistance bactérienne aux antibiotiques"- 17 novembre 2016

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Des actions engagées dès le début des années 2000 :

La question de l’utilisation massive des antibiotiques et de ses conséquences s’est posée dès le début des années 2000. La Recommandation 2002/77/CE du Conseil de l’Union européenne relative à l’utilisation prudente des agents antimicrobiens en médecine humaine a été adoptée en novembre 2001.

Cette démarche s’est notamment traduite en France par l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’action pluriannuel 2001-2005, prolongé et complété par le plan 2007-2010. Tous les deux avaient pour objectifs de maîtriser et de rationaliser la prescription des antibiotiques pour en préserver l’efficacité.

Ces actions visant à favoriser un moindre et un meilleur usage des antibiotiques ont contribué à faire diminuer la consommation de ces médicaments, tant en ville qu’à l’hôpital. Entre 2002 et 2012, la consommation d’antibiotiques a ainsi baissé de 9% en France. D’après le rapport de l’ANSM sur L’évolution des consommations d’antibiotiques en France entre 2000 et 2012, une tendance à la reprise se dégage cependant depuis 2005 et est confirmée par les premiers résultats de 2012. De plus, la résistance aux antibiotiques s’est renforcée chez certaines espèces bactériennes et de nouvelles résistances ont aussi émergé.

Le Plan national d’alerte sur les antibiotiques (2011-2016) :

Dans la continuité de ces deux plans nationaux, le plan national d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016 a pour objectif de lutter contre le développement des résistances aux antibiotiques et contre le nombre croissant de situations d’impasse thérapeutique rencontrées.

Dans cette perspective, ce troisième plan vise à mobiliser l’ensemble des acteurs impliqués dans le cycle de vie des antibiotiques : la population, les patients et leurs proches, les prescripteurs de ville, l’ensemble des acteurs de soin, les établissements de santé et médico-sociaux, les organismes chargés de définir les programmes de formation des professionnels de santé, les chercheurs, les laboratoires pharmaceutiques, les experts, les agences régionales de santé, les institutions, etc.

Préconisé par les experts, un objectif de réduction de 25 % de la consommation d’antibiotiques est envisagé sur cinq ans. L’atteinte de cet objectif doit résulter de la mise en œuvre d’une stratégie de juste utilisation des antibiotiques.

Les trois axes de la stratégie de juste utilisation des antibiotiques
  • Améliorer l’efficacité de la prise en charge des patients
    Pour qu’une prise en charge soit efficace, il faut que le professionnel ait à sa disposition les outils lui permettant de faire les bons choix et qu’il ait reçu une formation spécifique sur les infections bactériennes, l’utilisation des antibiotiques et les phénomènes de résistance. Le patient doit également être convaincu par la démarche du professionnel et par la solution thérapeutique qu’il lui propose. Ce premier axe stratégique se décline ainsi en trois mesures :
    • Améliorer les règles de prise en charge des patients par les antibiotiques ;
    • Informer et former les professionnels de santé ;
    • Sensibiliser la population aux enjeux d’une bonne prise en charge.

  • Préserver l’efficacité des antibiotiques
    Au-delà de la question de l’efficacité de la prise en charge, il est nécessaire d’agir spécifiquement sur la préservation de l’efficacité des antibiotiques eux-mêmes. Il faut, dans cette perspective, mieux identifier et définir les menaces qui pèsent sur ces derniers. Ce deuxième axe prévoit ainsi :
    • De renforcer la surveillance des consommations et des résistances ;
    • De réduire la pression de sélection des agents antimicrobiens et de prévenir la diffusion des bactéries multi-résistantes ;
    • D’encadrer la dispensation des antibiotiques.

  • Promouvoir la recherche
    La recherche a pour objectif d’assurer une disponibilité effective d’un panel d’antibiotiques efficaces, tout en freinant le plus possible la multiplication des situations pouvant conduire à des impasses de traitement. Dans ce cadre, le troisième axe repose sur la mise en place d’une mesure :
    • Définir les priorités en matière de recherche.
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pdf National antibiotic plan, 2011-2016 (EN) Téléchargement (133.9 ko)