Activité physique et santé

Les bénéfices pour la santé de la pratique régulière d’une activité physique sont avérés, quels que soient l’âge et le sexe. Pourtant, moins de la moitié des Français âgés de 15 à 75 ans atteignent un niveau d’activité physique favorable à la santé. Les recommandations de santé publique sont donc formulées aujourd’hui pour permettre à chacun d’intégrer l’activité physique dans son quotidien. En France, la recommandation diffusée depuis 2002 par le ministère chargé de la santé, dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS), est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche rapide par jour au minimum 5 fois par semaine pour les adultes et l’équivalent d’au moins 60 minutes par jour pour les enfants et adolescents.

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Qu’est-ce que l’activité physique

L’activité physique est un comportement caractérisé par un certain nombre de paramètres mesurables (fréquence, durée, intensité, type de pratique), dont la combinaison permet de connaître le niveau d’activité physique d’une population donnée. À partir de ces observations, il est possible de mettre en œuvre des actions ou des stratégies de promotion ciblées. En effet, il existe des disparités dans les pratiques, notamment selon le sexe, la catégorie socioprofessionnelle et le lieu d’habitation.

Lors d’une semaine habituelle, les Français âgés de 15 à 75 ans déclarent pratiquer pour un quart de leur temps total d’activité physique pendant les loisirs (25,3%), pour 28,3% de leur temps pour se déplacer et pour près de la moitié de ce temps (46,6%) au travail.

L’activité physique totale est évaluée à environ 2 h 19 minutes par jour, avec une moyenne de 18 minutes d’activité physique de loisirs par jour, de 20 minutes pour les déplacements et de 1 h 41 minutes pour l’activité physique au travail.

Dans l’ensemble, les hommes sont plus actifs que les femmes quel que soit l’âge, mais on observe une baisse de l’activité physique avec l’âge. Moins de la moitié des Français âgés de 15 à 75 ans (42,5 %) atteignent un niveau d’activité physique favorable à la santé.

Les femmes sont proportionnellement moins nombreuses à atteindre ces recommandations (33,8 % contre 51,6 % pour les hommes). Cependant, chez les hommes, ce pourcentage varie en fonction de l’âge, avec une baisse significative de 15 à 54 ans.

(source INPES – Baromètre nutrition santé 2008)

Qu’est-ce que l’inactivité physique ? Qu’est-ce que la sédentarité ?

L’activité physique inclut l’ensemble des activités qui peuvent être pratiquées dans des contextes différents de la vie quotidienne – l’activité physique au travail, pendant les déplacements, à la maison, l’activité physique de loisir.

L’inactivité physique est définie comme un niveau insuffisant d’activité physique d’intensité modérée à élevée, c’est-à-dire un niveau inférieur à un seuil d’activité physique recommandé.

La sédentarité est définie par une situation d’éveil caractérisée par une faible dépense énergétique en position assise ou allongée. Elle est considérée de manière distincte de l’inactivité physique, avec ses effets propres sur la santé. Pour estimer la sédentarité, l’indicateur le plus utilisé dans les études est le temps passé assis devant un écran (télévision, jeux vidéo, ordinateur), même s’il ne représente qu’une part du temps réel de sédentarité. Hors temps de travail, les adultes passent ainsi quotidiennement de 3h20 à 4h40 assis devant un écran. Les enfants et les adolescents (de 3 et 17 ans) passent plus de deux heures quotidiennes face à un écran et ce temps atteint trois heures chez les personnes âgées de plus de 65 ans.

La tendance mondiale va vers la diminution du volume total de l’activité physique quotidienne. L’inactivité physique est devenue l’un des principaux facteurs de risque pour les problèmes de santé et est à l’origine d’environ 10% de la mortalité totale dans la Région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les estimations de l’OMS, l’inactivité physique est la cause de 5% de la charge des cardiopathies coronariennes, de 7% du diabète de type 2, de 9% du cancer du sein et de 10% de cancer du côlon.

Il est important de souligner que les relations entre l’activité physique et la sédentarité sont complexes. Pour agir sur l’état de santé, il faut agir sur les deux, à la fois augmenter le niveau de l’activité physique et limiter la sédentarité.

(Source Anses – Avis et rapports relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016 et OMS Europe – Stratégie sur l’activité physique pour le Région européenne de l’OMS 2016-2025)

Les bénéfices de l’activité physique sur la santé

Les bénéfices pour la santé de l’activité physique sont aujourd’hui bien documentés et ses effets démontrés, quels que soient l’âge et le sexe.

En résumé, les principaux constats sont :

- L’activité physique et sportive régulière est un déterminant majeur de l’état de santé des individus et des populations à tous les âges de la vie.

- La pratique des activités physiques et sportives est déterminée par des facteurs individuels, sociaux et environnementaux.

- La pratique régulière d’une activité physique et sportive, même d’intensité modérée, diminue la mortalité et augmente la qualité de vie.

- La pratique régulière d’une activité physique, même d’intensité modérée, est un facteur majeur de prévention des principales pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète….).

- La pratique régulière d’une activité physique permet d’assurer une croissance harmonieuse chez l’enfant et l’adolescent.

- La pratique régulière d’une activité physique permet de prévenir l’ostéoporose notamment chez la femme et de maintenir l’autonomie des personnes âgées.

- La pratique régulière d’une activité physique aide au contrôle du poids corporel chez l’adulte et l’enfant.

- La pratique régulière d’une activité physique est associée à une amélioration de la santé mentale (anxiété, dépression).

- La reprise d’une activité physique régulière adaptée est un élément majeur du traitement des principales pathologies chroniques (cardiopathies ischémiques, bronchopathies chroniques obstructives, obésité et diabète de type 2, maladies neurologiques, rhumatismales et dégénératives….).

- La pratique d’activités physiques permet une amélioration de la qualité et de la quantité de sommeil, ainsi qu’une amélioration de l’éveil diurne.

- Les risques pour la santé de la pratique d’une activité physique sont minimisés par le respect de précautions élémentaires, un suivi médical adapté et un encadrement compétent.

(source Inserm- Expertise collective « Activité physique » (2008) et Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016))

Les recommandations

Les recommandations diffusées en 2008 aux États-Unis, pour les adultes, étaient de pratiquer une activité physique d’endurance d’intensité modérée d’une durée minimale de 150 minutes par semaine, ou au moins 75 minutes d’activité physique d’intensité vigoureuse, ou encore une combinaison équivalente d’activités modérées et vigoureuses pouvant être cumulées par périodes d’au moins 10 minutes d’affilée. Il était, de plus, recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine.

En France, la recommandation diffusée dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) depuis 2002 est de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes de marche rapide par jour. Elle correspond à la première recommandation de santé publique publiée par le Collège américain de médecine du sport en 1995, les dernières publications ayant essentiellement précisé que la fréquence d’activité physique pouvait être de cinq jours par semaine et la quantité d’activité physique répartie dans la semaine.

En février 2016, l’Anses a publié l’avis et le rapport relatifs à l’« Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité ». L’agence recommande la réduction des comportements sédentaires et la pratique d’activités physiques, dans tous les contextes de vie et à tous les âges. C’est la concomitance de l’augmentation de l’activité physique et la réduction des temps cumulés et continus de sédentarité qui produira les effets les plus marqués sur la santé.

L’Anses propose des recommandations adaptées aux différents groupes de populations : enfants et adolescents, adultes, personnes âgées, femmes en période de grossesse, etc., dans l’objectif de permettre l’adoption d’un mode de vie actif dès le plus jeune âge, dans un environnement favorable.

Pour les adultes, il est recommandé de pratiquer 30 minutes d’activité physique développant l’aptitude cardio-respiratoire d’intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, en évitant de rester 2 jours consécutifs sans pratiquer. Les activités physiques à visée cardiorespiratoire et celles à visée musculaire peuvent être intégrées dans une même activité ou au cours de la même journée. Pour les enfants et adolescents de 6 à 17 ans, il est recommandé de pratiquer au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à élevée.

Concernant la sédentarité, pour les adultes, il est recommandé de réduire le temps total quotidien passé en position assise et d’interrompre les périodes prolongées passées en position assise ou allongée, au moins toutes les 90 à 120 minutes, par une activité physique de type marche de quelques minutes. Pour les enfants, il est recommandé de limiter la durée totale quotidienne des activités sédentaires et la durée de chaque activité sédentaire, pour ne pas dépasser 2 heures en continu pour les 6 à 17 ans.

(Source Anses – Avis et rapport relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité », 2016)

Promouvoir les mobilités actives

Pour encourager les individus à être plus actifs physiquement, les recommandations de santé publique ont été formulées pour permettre à chacun d’intégrer l’activité physique dans son quotidien. Aussi la pratique dune activité physique pour les déplacements quotidiens de courte distance est-elle aujourd’hui encouragée. Le vélo, le roller ou la marche à pied, modes de déplacement qui utilisent la seule énergie humaine (ou « mobilités actives »), peuvent constituer des exemples d’alternative aux transports motorisés, bénéfiques à la fois pour la santé et l’environnement. La promotion des mobilités actives est inscrite comme objectif de plusieurs plans nationaux : Plan National Santé Environnement 3, Programme National Nutrition Santé (PNNS), Plan d’action pour les mobilités actives (PAMA). Elle est également soutenue par les collectivités locales, des organismes et agences publics de la santé et de l’environnement, les associations d’élus, de professionnels de santé et de transports, d’usagers. Afin de faciliter les échanges entre ces différents acteurs et assurer une cohérence entre les actions qu’ils mènent, une coordination interministérielle pour le développement de l’usage du vélo (CIDUV) a été mise en place par le gouvernement depuis 2006.

Ces initiatives se développent dans un contexte européen et international encourageant les modes de déplacement sains et actifs, en particulier dans le cadre du Programme paneuropéen sur les transports, la santé et l’environnement, mis en place par l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation des nations unies, et dans celui conventions-cadres des Nations Unies sur les changements climatiques (COP).

L’Anses souligne dans son rapport de 2016 que le développement d’espaces réservés aux piétons et aux cyclistes et la promotion des modes de transport collectifs permettraient notamment d’atteindre l’objectif de réduction de la sédentarité et de l’augmentation du niveau de l’activité physique.

La semaine européenne de la mobilité

Créée en 2002 par la Commission européenne, la Semaine européenne de la mobilité (chaque année, du 16 au 22 septembre) vise à encourager l’utilisation de modes de transport plus respectueux de la santé et de l’environnement tels que le vélo, la marche à pied, le bus, le train,… dans l’objectif de :

  • favoriser la ^pratique régulière d’activité physique ;
  • réduire les émissions de polluants atmosphérique, de gaz à effet de serre et de nuisances (bruit, etc.) ;
  • changer les comportements en matière de déplacements.

Les programmes et plans nationaux d’actions

Compte tenu des nombreux bénéfices pour la santé de la pratique régulière de l’activité physique, l’objectif de promouvoir une activité physique et des modes de déplacements actifs est inscrit dans plusieurs programmes et plans nationaux.

- Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015

- Plan national santé environnement (PNSE 3) 2015-2019

- Plan d’action pour les mobilités actives (PAMA)

- Plan cancer 2014-2019

Rapports et expertises

- Rapport du Groupe de Travail Activité physique et prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques. Quelles compétences pour quels patients ? Quelles formations ?

Le groupe de travail "Activité physique et prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques : quelles compétences pour quels patients ? Quelles formations ?", présidé par le Pr. Xavier Bigard, a été mis en place au premier trimestre 2015. Son mandat a été d’élaborer un référentiel des compétences des professionnels dans la prise en charge, par l’activité physique, des patients atteints de maladies chroniques. Le rapport a été remis au Directeur général de la santé le 20 juin 2016.

pdf Le rapport du Groupe de Travail Téléchargement (1.1 Mo)

- Avis et rapport de l’Anses relatifs à l’ « Actualisation des repères du PNNS : Révisions des repères relatifs à l’activité physique et à la sédentarité » (2016)

- Expertise collective Inserm (2008) Activité physique – Contexte et effets sur la santé

pdf Rapport de la Commission Prévention, Sport et Santé (2008) Téléchargement (2.3 Mo)

- Recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (2010) Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé

- OMS Europe – Stratégie sur l’activité physique pour le Région européenne de l’OMS 2016-2025

- Recommandations de la Haute Autorité de Santé (2011) Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent

- The Lancet, dossier spécial activité physique et santé (2012)

Ressources utiles

- http://www.mangerbouger.fr

- Kit d’accompagnement des collectivités locales pour la mise en place d’une signalétique piétonne

- Site de l’INCa dédié à la promotion de l’activité physique auprès des élus

- Guide « Mobilités actives au quotidien : le rôle des collectivités » du Réseau français des villes santé de l’OMS (Presses de l’EHESP)

- Brochure du Réseau français des villes santé de l’OMS pour accompagner l’utilisation de l’outil HEAT de l’OMS (Health Economic Assessment Tool), outil d’évaluation économique des effets sur la santé des mobilités actives

- Brochure du Réseau français des villes santé de l’OMS sur la qualité de l’air extérieur et la santé

- Clip pédagogique "2 minutes pour comprendre les mobilités actives" du site e-Santé Environnement Travail de Bourgogne

Source :
Direction générale de la santé
Sous Direction de la prévention des risques liés à l’environnement et à l’alimentation
14 avenue Duquesne
75007 Paris