Diabète

Le diabète est une maladie chronique caractérisée par la présence d’un excès de sucre dans le sang, appelé hyperglycémie (Taux de glucose ou glycémie supérieur à 1,26 gramme/litre (7 mmol/l) de sang à jeun, mesuré à 2 reprises). Il existe deux types de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2.

Le diabète de type1, représente 5 à 10% des cas de diabète. Il est dû à une absence de sécrétion d’insuline par le pancréas. On ne connaît aucun moyen de prévenir le diabète de type 1. Il apparaît en général dans l’enfance ou l’adolescence et son traitement repose sur l’insulinothérapie à vie.

- En savoir plus sur le diabète de type 1

Le diabète de type 2, le plus fréquent (92% des cas en France), est favorisé par une insulino-résistance, c’est-à-dire une baisse de sensibilité des cellules à l’insuline ce qui en entraîne un besoin accru, auquel les cellules sécrétrices du pancréas finissent par ne plus pouvoir répondre.

Le diabète type 2 apparaît généralement après 40 ans, sa fréquence augmente avec l’âge avec un pic entre 75 et 79 ans (20 % des hommes et 14 % des femmes traitées pour diabète dans cette tranche d’âge en 2013).

Il peut être méconnu pendant plusieurs années. En 2006, l’étude nationale nutrition santé a estimé que près de 20 % des cas de diabète de type 2 chez l’adulte entre 18 et 74 ans n’étaient pas diagnostiqués.

Il existe souvent une prédisposition génétique (familiale ou ethnique) au diabète de type 2, mais qui ne peut expliquer à elle seule la survenue de la maladie. Une alimentation trop riche ou déséquilibrée, la sédentarité, le surpoids et l’obésité augmentent le risque de développer un diabète de type 2. Il existe probablement d’autres facteurs environnementaux.

- En savoir plus sur les facteurs de risque du diabète de type 2 (HAS)

Le diabète gestationnel qui apparaît chez certaines femmes durant la grossesse et disparaît après l’accouchement accroît le risque, chez la mère et l’enfant, de développer ultérieurement un diabète de type 2.

- En savoir plus sur le diabète de type 2

Le diabète de type 2 : une épidémie mondiale

D’après les estimations de l’OMS, le nombre des personnes atteintes de diabète dans la région Europe est passé de 33 millions en 1980 à 64 millions en 2014 ; le diabète de type 2 représente plus 90 % de ces cas. Cette hausse du nombre de cas est en partie liée au vieillissement et à l’augmentation de la population, mais l’épidémie est étroitement liée à la progression de l’obésité et de l’ensemble des facteurs de risque liés aux habitudes de vie. La prévalence en France se situe légèrement en-dessous de la moyenne de l’Union européenne (données Eurostat) ; en 2013, 4,8% de la population recevait un traitement médicamenteux du diabète, soit environ 3 millions de personnes. Selon l’agence nationale de santé publique la prévalence a augmenté de 5,1 % par an sur la période 2006-2009, et un ralentissement est observé sur la période 2009-2013 (+2,4 % par an). La prévalence du diabète traité est plus élevée dans les DOM-TOM, et le nord et l’est de la France, dans les territoires et groupes en vulnérabilité économique.

Plus de 34 600 décès étaient liés au diabète en 2009 et le risque de décès à 5 ans est environ 1,45 fois plus élevé chez les personnes diabétiques que chez les personnes non diabétiques, malgré une réduction de l’écart de mortalité avec la population générale.

L’augmentation du nombre de personnes vivant avec du diabète et l’allongement de la durée de vie des diabétiques contribuent à augmenter le nombre de diabètes compliqués. La prise en charge du diabète représentait 7,7 milliards de dépenses pour l’assurance maladie en 2013.

Le diabète : un facteur de risque majeur de maladie cardio-neurovasculaire

Le diabète - type 1 comme le type 2 expose à un risque aggravé de maladie et décès d’origine cardio-neurovasculaire. Il peut endommager le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs.

  • Le diabète multiplie par 2 ou 3 le risque, chez l’adulte, d’accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux.
  • Il est la première cause de cécité avant 65 ans, la première cause d’amputations non traumatiques (taux 7 fois plus élevé chez les diabétiques), l’une des principales causes d’insuffisance rénale (taux de dialyse rénale 9,2 fois plus élevé chez les diabétiques).

Prévenir le diabète : un défi et des stratégies de santé publique

La réduction des facteurs de risques liés au mode de vie : un plan mondial pour les maladies non transmissibles
Les Nations Unies, par la déclaration de haut niveau des 19 et 20 septembre 2011 se sont engagées sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles dans une vision globale des maladies cardiovasculaires, des cancers, du diabète, et des maladies pulmonaires obstructives chroniques et de leurs déterminants communs liés au mode de vie : tabagisme, alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique et consommation excessive d’alcool.
Cette vision a une traduction opérationnelle dans le plan d’action de l’OMS Euro pour la période 2016-2025. [1]

La réduction des risques de diabète de type 2 repose sur une combinaison d’approches à la fois au niveau des populations et des individus.

- Réduire les facteurs de risque

On peut réduire le risque de survenue du diabète type 2 en population :

  • en favorisant une alimentation équilibrée, en particulier par la consommation de fruits et légumes, les aliments riches en fibre et en limitant la consommation de produits gras ou les sucres ajoutés tels les sodas ;
  • en favorisant la pratique d’une activité physique régulière ;
  • et en réduisant le surpoids et l’obésité.

Au niveau des populations, plusieurs programmes nationaux, inscrits dans la stratégie nationale de santé, visent à créer un environnement favorable pour la santé :

- Prévenir et repérer le diabète chez les personnes à haut risque

Plusieurs pays ont expérimenté ou développé des programmes intensifs d’accompagnement en matière d’alimentation et d’activité physique auprès de personnes à risque élevé de diabète. Le Ministère chargé de la santé et l’Assurance Maladie prévoient le lancement d’une expérimentation dans trois départements pilotes en 2017.

Semaine de prévention du diabète

La semaine de prévention du diabète : une action de sensibilisation de la Fédération française des diabétiques (FFD).
Cette action de sensibilisation annuelle est portée par la FFD, ses associations membres et ses partenaires en région. La semaine de prévention vise à augmenter les connaissances du public sur le diabète, à sensibiliser les personnes à risque à l’aide d’un questionnaire simple, rapide et reconnu, ainsi qu’à encourager les comportements préventifs de chacun. Cette action bénéficie du soutien du ministère chargé de la santé.

- Evaluer son risque de diabète de type 2 : le questionnaire FINRISC

- En terme de dépistage

La Haute autorité de santé préconise un dépistage dit "opportuniste" du diabète de type 2 dans les groupes ou personnes à risque.

Prendre en charge le diabète

- Diagnostiquer et traiter précocement

La prise en charge du diabète s’inscrit dans des lignes directrices précises. Le contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) vise à éviter ou retarder les complications. Il repose sur un accompagnement et un traitement adaptés afin d’obtenir le meilleur contrôle possible du taux de sucre sanguin (mesuré sur 3 mois d’après le taux d’hémoglobine glyquée), tout en limitant le risque de survenue d’effet secondaire, particulièrement les hypoglycémies.

Elle nécessite également de prévenir, repérer et traiter précocement les complications cardiovasculaires, rénales, ophtalmologiques ou podologiques.

En savoir plus sur le suivi du diabète sur le site de l’Assurance Maladie.

Le traitement de première intention du diabète de type 2 porte sur la modification des habitudes de vie, à savoir une perte de poids quand elle est nécessaire, une activité physique régulière et une alimentation équilibrée qui peuvent suffire à contrôler la glycémie. En seconde intention, des médicaments antidiabétiques oraux aident à contrôler la glycémie, puis l’injection d’insuline si la sécrétion de l’insuline s’épuise. Les objectifs du traitement doivent être adaptés à chaque patient, en fonction de sa motivation et de ses préférences, de sa fragilité, de ses ressources et des pathologies associées.

Réduire le risque cardiovasculaire : un objectif majeur de la prise en charge du diabète.

Le dépistage du diabète de type 2 contribue au repérage des personnes à risque cardio-neurovasculaire élevé. La réduction de la surmortalité liée au diabète (1 et 2) et du risque de complication cardio-neurovasculaire repose sur des leviers multiples : sur les facteurs de risque du diabète de type 2 (surpoids, alimentation, sédentarité) comme sur les autres facteurs de risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, contrôle de l’hypertension artérielle et des dyslipidémies). Pour les sociétés savantes, la réduction globale du risque cardiovasculaire doit d’ailleurs être l’objectif principal du traitement.

En savoir plus sur le traitement du diabète

- Vivre avec le diabète

Le diabète et sa prise en charge ont un impact important pour le patient : adopter et maintenir des habitudes de vie saine, entrer dans un suivi médical régulier, adapter les traitements et savoir gérer les risques du diabète et de son traitement. C’est pourquoi le renforcement des compétences du patient est indispensable, tant pour assurer ses propres choix en santé (empowerment), son autonomie que pour obtenir une décision partagée sur les choix thérapeutiques.

L’éducation thérapeutique du patient vise à aider les patients à gérer au mieux leur vie avec la maladie et leur apporter des ressources d’adaptation permettant de renforcer leur autonomie. L’éducation thérapeutique prend en compte le vécu et l’expérience antérieure de la personne, ses besoins et ses conditions de vie.

Les programmes d’éducation thérapeutique répondent à un cahier des charges national.
Les programmes destinés aux personnes diabétiques représentent, selon les régions, 20 à 40 % des programmes d’éducation thérapeutique autorisés par les agences régionales de santé :

>> Le programme SOPHIA d’accompagnement à distance

Ce programme porté par l’Assurance maladie apporte un accompagnement à distance (message individualisé des personnes diabétiques traitées visant à leur permettre de mieux connaître leur maladie, adapter leurs habitudes de vie afin d’améliorer leur qualité de vie et réduire les risques de complications…). Le programme SOPHIA est animé par 270 infirmiers conseillers en santé spécifiquement formés et couvre l’ensemble du territoire national. Plus de 690 000 personnes y étaient adhérentes en 2016.

>> Prise en charge en ville au cabinet du médecin traitant

La loi de modernisation du système de santé renforce l’organisation des soins adaptée à la prise en charge des maladies chroniques. La prise en charge du diabète de type 2 est assurée en première ligne par le médecin généraliste ; elle nécessite souvent une coopération pluri-professionnelle avec diététicien, professionnels de l’activité physique, infirmier et podologue. Le recours à un diabétologue et d’autres spécialistes est parfois nécessaire. Plusieurs modèles d’organisation pluri-professionnelle dans l’offre de soins de proximité se développent.

Par exemple le protocole de coopération expérimental ASALEE, organise un travail en équipe composée d’un(e) infirmièr(e) délégué(e) à la santé populationnelle et de médecin généraliste au cabinet médical. Il prévoit la délégation à l’infirmier(e) de certains actes médicaux et de l’éducation thérapeutique des patients pour améliorer la qualité des soins, notamment des personnes diabétiques de type 2b et, personnes à risque cardiovasculaire élevé.

La loi de modernisation du système de santé a introduit la prescription médicale de l’activité physique pour les patients atteints d’affection de longue durée et bénéficiera particulièrement aux patients diabétiques ou à risque.

L’action par les pairs : les associations de patients et les patients-experts

La contribution de patients experts formés est une reconnaissance de l’expertise des personnes vivant avec une maladie chronique dans le champ de l’accompagnement ou de l’éducation thérapeutique. Ces personnes ressources peuvent participer ou animer des programmes d’éducation thérapeutique, notamment dans des groupes de pairs basés sur la rencontre, l’échange et le soutien.

Liens utiles

- Agence nationale de santé publique

- Fédération Française des diabétiques

Pour les professionnels

- Société francophone du diabète

- L’action conjointe CHRODIS : Une collaboration européenne d’échange et transfert de bonnes pratiques sur la prévention des maladies non transmissibles.

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